Dix-sept jours après le décès du pape François, 133 cardinaux électeurs se réuniront à huis clos dans la chapelle Sixtine pour élire le 266ᵉ chef de l’Église catholique. Portraits croisés des principaux “papabili” en lice.
Cité du Vatican – L’Église catholique entre dans une phase décisive. Le mercredi 7 mai à 10h, dans la basilique Saint-Pierre, les cardinaux électeurs participeront à la messe votive Pro Eligendo Romano Pontifice. Le conclave débutera officiellement à 16h30 avec une procession solennelle vers la chapelle Sixtine, où ils se retireront pour élire le successeur du pape François, décédé il y a 17 jours.
Un processus encadré par la tradition et le secret
Conformément à la constitution apostolique Universi Dominici Gregis, révisée par les papes Benoît XVI et François, seuls les cardinaux de moins de 80 ans — ils sont actuellement 133 — peuvent prendre part au vote. Isolés dans la résidence Sainte-Marthe, ils sont astreints à un strict isolement jusqu’à l’élection.
Lors de la première après-midi de vote, un seul tour est prévu. En l’absence de majorité qualifiée (deux tiers des voix), les jours suivants comprendront deux scrutins matinaux et deux l’après-midi. Des pauses spirituelles sont prévues toutes les sept séries de votes. Si aucune élection ne se concrétise, seuls les deux noms les plus plébiscités au scrutin précédent resteront éligibles.
Comme le veut la tradition, la fumée noire signalera un scrutin infructueux, la fumée blanche — désormais accompagnée du son des cloches — annoncera l’élection du nouveau pape.
Qui succédera à François ? Le profil des favoris
Fridolin Ambongo (65 ans, RDC)
Archevêque de Kinshasa, il incarne la voix de l’Afrique et l’Église des pauvres. Proche de François, membre du « C9 », Ambongo est respecté pour ses prises de position courageuses face aux régimes congolais. Conservateur sur les questions morales, il a publiquement combattu la bénédiction des couples homosexuels. Son influence sur le continent africain est majeure.
Pietro Parolin (70 ans, Italie)
Secrétaire d’État du Saint-Siège, Parolin est le diplomate le plus expérimenté du Vatican. Architecte de l’accord avec la Chine sur les nominations épiscopales, il connaît parfaitement la Curie. Son style discret et sa connaissance des enjeux internationaux en font un candidat sérieux.
Carlos Aguiar Retes (75 ans, Mexique)
Archevêque de Mexico, engagé contre les cartels et pour les migrants, il représente un visage moderne de l’Église en Amérique latine. Proche idéologiquement de François, il incarne une Église missionnaire. Son usage d’Instagram et son style décontracté tranchent dans le paysage cardinalice.
Pierbattista Pizzaballa (60 ans, Italie)
Patriarche latin de Jérusalem, franciscain et polyglotte, il a su porter une parole de paix durant le conflit israélo-palestinien. Sa nomination comme cardinal en 2023 l’a propulsé sur le devant de la scène.
Matteo Zuppi (69 ans, Italie)
Archevêque de Bologne et président de la Conférence épiscopale italienne, il est l’émissaire de François pour la paix en Ukraine. Médiateur chevronné, membre de Sant’Egidio, il conjugue sens politique et ancrage social.
Une élection à l’image d’un monde en mutation
Le conclave 2025 s’annonce à la fois ouvert et stratégique. L’Église pourrait élire un pape italien, renouant avec une tradition historique, ou opter pour une figure issue du Sud global — Afrique, Asie ou Amérique latine — reflétant le déplacement du cœur du catholicisme. Un choix entre continuité réformiste ou retour à une ligne plus conservatrice.
Dans l’attente de la fumée blanche, les catholiques du monde entier retiennent leur souffle.
La Rédaction

