La Chine avec ses vastes campagnes de plantation d’arbres ont eu un impact direct sur la circulation de l’eau à l’échelle nationale. Les ressources hydriques ont été redistribuées, certaines régions perdant de l’eau, d’autres en gagnant, selon une étude publiée dans Earth’s Future par des chercheurs chinois et un scientifique néerlandais.
Des plantations à grande échelle
Depuis 2001, la Chine a lancé plusieurs programmes de reforestation pour lutter contre la désertification et limiter les effets du changement climatique. Parmi eux, la « Grande Muraille verte », initiée en 1978 dans le nord du pays, vise à freiner l’expansion des déserts. D’autres initiatives, comme Grain for Green et le programme de protection des forêts naturelles, lancés en 1999, ont complété ces efforts.
Ces programmes ont permis d’augmenter la couverture forestière nationale de 10 % à plus de 25 % du territoire, une surface équivalente à celle de l’Algérie. Ces plantations représentent près d’un quart de la croissance mondiale de la surface foliaire observée depuis le début du XXIᵉ siècle.
Le rôle de l’évapotranspiration
L’impact de ces plantations sur l’eau s’explique par l’évapotranspiration, le processus par lequel l’eau s’évapore des sols puis est restituée à l’atmosphère par les plantes. Les arbres, grâce à leurs racines profondes, peuvent accéder à l’eau en période sèche et augmenter la quantité d’humidité rejetée dans l’air, ce qui peut provoquer des précipitations à distance.
Ce mécanisme contribue à la redistribution des ressources en eau sur le territoire. Selon l’étude, les plaines orientales et le nord-ouest aride du pays ont perdu de l’eau douce, tandis que le plateau tibétain a enregistré un gain de ressources hydriques.
Des conséquences hydriques locales
L’étude indique que dans certaines régions, l’évapotranspiration dépasse les précipitations locales, entraînant une perte nette d’eau. Dans le nord de la Chine, où seulement 20 % des ressources en eau desservent 46 % de la population et 60 % des terres cultivables, ces déséquilibres doivent être pris en compte pour la planification des ressources.
Arie Staal, professeur adjoint en résilience des écosystèmes à l’université d’Utrecht, précise que chaque projet de plantation doit être évalué en fonction de ses impacts sur l’eau, car l’humidité qui s’évapore peut retomber ailleurs sous forme de pluie.
La Rédaction

