Les chauves-souris ne cessent de fasciner les scientifiques par leurs capacités inattendues. Une étude récente de l’Institut Max-Planck du comportement animal, publiée dans Science, révèle que certaines espèces, comme les Noctules communes (Nyctalus noctula), utilisent les tempêtes pour faciliter leurs longues migrations, économisant ainsi leur énergie.
Un mystère enfin élucidé
Les Noctules communes, petits mammifères migrateurs, parcourent jusqu’à 1 600 kilomètres chaque année. Pourtant, leurs déplacements restaient largement incompris en raison de la difficulté à les observer en plein vol. Grâce à une avancée technologique majeure, les chercheurs ont réussi à lever le voile sur leur stratégie migratoire.
Une technologie de pointe pour suivre leur parcours
Pendant trois ans, 71 femelles Noctules communes ont été équipées de minuscules balises pesant à peine 5 % de leur masse corporelle. Ces dispositifs, placés en Suisse, ont enregistré leur localisation, leur activité et la température ambiante. Ces balises, fonctionnant comme un réseau de téléphonie mobile, permettent aux chercheurs d’accéder aux données à distance, une avancée majeure pour l’étude de ces animaux discrets.
Les tempêtes comme alliées inattendues
En analysant les données, l’équipe a fait une découverte fortuite : les chauves-souris débutent leur migration lorsque la pression atmosphérique baisse et que la température augmente, conditions typiques avant une tempête. En profitant des vents arrière chauds générés par ces phénomènes météorologiques, elles réduisent considérablement leur dépense énergétique. Certaines peuvent ainsi parcourir jusqu’à 400 kilomètres en une seule nuit.
Contrairement aux oiseaux migrateurs, les chauves-souris ne stockent pas de graisse avant leur départ. Leur voyage s’effectue donc par étapes, avec des pauses nocturnes pour se nourrir. Ce comportement, autrefois jugé aléatoire, prend désormais tout son sens grâce à ces découvertes.
Des implications pour la conservation
Ces recherches vont bien au-delà de la simple observation biologique. « Comprendre les schémas migratoires des chauves-souris pourrait permettre de mieux les protéger », explique Edward Hurme, principal auteur de l’étude. Par exemple, les parcs éoliens pourraient suspendre leurs activités lors des nuits où ces animaux traversent leurs zones, réduisant ainsi les risques de collisions fatales.
En France, où la population de Noctules communes a diminué de 57 % depuis 2006 selon la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO), ces avancées offrent une lueur d’espoir pour leur préservation. Les chauves-souris, indispensables à l’équilibre des écosystèmes, méritent une attention accrue pour garantir leur survie face aux multiples menaces qui pèsent sur elles.
La Rédaction

