La protection des ânes et la lutte contre les maladies animales entrent dans une nouvelle phase en Afrique de l’Ouest. Après l’adoption de trois stratégies régionales à Lomé, la CEDEAO doit désormais transformer ses engagements en mesures concrètes pour les éleveurs.
En Afrique de l’Ouest, les maladies animales et l’exploitation incontrôlée de certaines espèces menacent directement les économies rurales. Pour y répondre, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) entend renforcer la coopération entre ses membres, avec une priorité : agir collectivement face à des risques qui dépassent les frontières nationales.
Cette ambition a pris forme lors de la réunion ministérielle organisée le 8 octobre à Lomé. Trois stratégies ont été adoptées, concernant la protection des ânes, la lutte contre la fièvre aphteuse et la prévention de l’influenza aviaire hautement pathogène. Désormais, l’attention se porte sur leur financement et leur application effective.
Protéger les animaux pour préserver les économies rurales
La situation des ânes constitue l’un des enjeux majeurs. Indispensables au transport de l’eau, des récoltes et des marchandises, ces animaux contribuent aux revenus des familles et facilitent particulièrement les activités quotidiennes des femmes rurales.
Leur population subit cependant les conséquences de l’abattage massif alimenté par le commerce international des peaux. La stratégie régionale prévoit notamment de renforcer l’interdiction de ce commerce et la coopération entre services vétérinaires, douanes et forces de sécurité, avec un horizon fixé à 2030.
Les deux autres dispositifs concernent la fièvre aphteuse et l’influenza aviaire, responsables de pertes économiques importantes dans les filières d’élevage. Les stratégies retenues pour la période 2027-2031 visent une meilleure surveillance sanitaire, la détection précoce des foyers et la coordination des interventions.
Le financement et l’application, prochains défis
La réussite de ces engagements dépendra essentiellement des capacités nationales. Les États devront disposer de laboratoires suffisamment équipés, de services vétérinaires opérationnels et de mécanismes efficaces de partage des informations sanitaires.
Pour l’influenza aviaire, les besoins financiers de la stratégie sont estimés à 7 millions de dollars, soit environ 4 milliards de FCFA, sur cinq ans. La mobilisation de ces ressources reste déterminante pour assurer son déploiement.
La CEDEAO devra également veiller à l’implication des organisations d’éleveurs, premières concernées par les mesures de prévention et de protection.
Les décisions prises à Lomé constituent ainsi une base commune. Leur véritable portée se mesurera désormais dans les exploitations rurales, à travers la réduction des pertes animales, la préservation des revenus et une meilleure sécurité alimentaire régionale.
La Rédaction

