Depuis ce vendredi 11 septembre, les automobilistes togolais paient davantage pour faire le plein. Mais l’ajustement dépasse le budget consacré aux déplacements : le carburant intervient dans le transport des personnes, l’acheminement des marchandises et le fonctionnement de nombreuses activités économiques. L’enjeu sera désormais de savoir jusqu’où cette hausse se transmettra au reste de l’économie.
Pour un automobiliste utilisant du Super sans-plomb, le changement est immédiatement perceptible. Le litre passe de 725 à 817 FCFA, soit 92 FCFA supplémentaires et une progression d’environ 12,7 %. À consommation identique, un achat de 20 litres coûte désormais 1 840 FCFA de plus qu’auparavant. Pour 40 litres, le surcoût atteint 3 680 FCFA.
L’augmentation est moins prononcée pour le gasoil, désormais fixé à 766 FCFA contre 750 FCFA, soit 16 FCFA supplémentaires. Le pétrole lampant progresse également de 1 040 à 1 056 FCFA. Quant au mélange deux-temps, largement utilisé par certains engins et équipements motorisés, il passe de 811 à 896 FCFA, une hausse de 85 FCFA, soit environ 10,5 %.
La nouvelle grille, officialisée par arrêté interministériel, traduit ainsi des évolutions très différentes selon les produits. Mais c’est surtout la progression du Super qui risque d’être la plus directement ressentie par une partie des ménages.
De la station-service au reste de l’économie
Le prix du carburant possède une particularité : son évolution peut dépasser rapidement le seul consommateur qui se présente à la pompe. Le transport constitue un maillon de nombreuses chaînes économiques, depuis le déplacement des travailleurs jusqu’à l’acheminement des produits agricoles et des marchandises vers les marchés.
Une hausse des coûts énergétiques peut donc exercer une pression supplémentaire sur les transporteurs, commerçants, artisans ou entreprises dont l’activité dépend fortement des déplacements et de la logistique.
Cela ne signifie pas que tous les prix augmenteront mécaniquement. L’ampleur d’une éventuelle répercussion dépendra notamment de la consommation de carburant propre à chaque activité, des marges disponibles et de la capacité des opérateurs à absorber une partie du surcoût. Les prochaines semaines permettront surtout d’observer si l’ajustement reste concentré sur les dépenses de mobilité ou commence à se diffuser à d’autres postes du budget des ménages.
14,2 milliards de FCFA pour amortir les prix
Derrière la nouvelle tarification apparaît également un arbitrage budgétaire. Les autorités expliquent l’ajustement par l’évolution des cours des produits pétroliers sur les marchés internationaux, tout en maintenant une intervention publique destinée à limiter leur transmission intégrale aux prix intérieurs.
Pour 2026, 14,2 milliards de FCFA sont prévus au titre des subventions aux produits pétroliers. Ce mécanisme permet d’absorber une partie du coût qui, sans intervention publique, pourrait se retrouver davantage dans le prix payé par le consommateur.
Mais la subvention ne fait pas disparaître la dépense : elle en déplace une partie vers le budget de l’État. Toute politique d’amortissement doit ainsi composer avec deux impératifs, protéger le pouvoir d’achat et préserver suffisamment de ressources publiques pour financer les autres priorités nationales.
Le pouvoir d’achat comme véritable baromètre
La nouvelle grille ouvre donc une période d’observation. Pour les ménages, le premier impact se lit déjà sur le ticket de la station-service. Pour l’économie, l’effet final dépendra surtout de la manière dont les différents secteurs absorberont ou répercuteront leurs nouvelles charges.
Le véritable baromètre ne sera donc pas uniquement le prix du litre. Il faudra regarder ce qu’il advient du coût des déplacements, du transport des marchandises et, éventuellement, des prix de certains biens et services. La hausse à la pompe est immédiate ; son empreinte sur le pouvoir d’achat, elle, se dessinera progressivement.
La Rédaction

