La situation au Cameroun après l’élection présidentielle du 12 octobre 2025 reste marquée par des tensions et des revendications de victoire de l’opposition. Le pays, longtemps dirigé par le président Paul Biya, voit l’opposition contester la légitimité des résultats officiels avant leur proclamation.
L’opposant Issa Tchiroma revendique la victoire
Issa Tchiroma Bakary, ancien ministre et principal opposant, a affirmé dès le 14 octobre avoir remporté l’élection présidentielle. Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, il a demandé au président sortant Paul Biya de reconnaître sa défaite et de respecter la volonté populaire. Il a également annoncé la publication prochaine des résultats régionaux basés sur les procès-verbaux collectés sur le terrain. Tchiroma a insisté sur la nécessité pour les forces de sécurité de rester fidèles à la nation et non à un régime politique.
Réactions officielles et incidents sécuritaires
Le gouvernement camerounais n’a pas encore réagi officiellement aux revendications de l’opposition. Le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a averti que toute annonce de résultats non autorisée pourrait être considérée comme une « haute trahison ». Cette déclaration reflète les tensions croissantes dans certaines régions. Des incidents isolés ont été signalés, notamment l’usage de gaz lacrymogène contre des partisans de Tchiroma à Garoua, illustrant le climat tendu qui prévaut à l’approche de la proclamation officielle des résultats.
Contexte électoral et enjeux
Cette élection intervient dans un contexte de présidence de longue durée pour Paul Biya, au pouvoir depuis 1982. Malgré son âge avancé et des critiques sur sa gouvernance, Biya reste le favori pour un huitième mandat, soutenu par une machine politique solide. L’opposition, bien que divisée, a mobilisé un soutien important, notamment dans le nord du pays, bastion traditionnel de Tchiroma.
Perspectives pour le Cameroun
Alors que le Conseil constitutionnel doit annoncer les résultats officiels le 26 octobre, le pays reste sous tension. Les partisans de l’opposition sont prêts à contester toute irrégularité électorale, tandis que la stabilité du pays dépendra de la réaction du gouvernement et de l’attitude des forces de sécurité face aux revendications de la population. La situation reste donc à surveiller de près dans les jours à venir.
La Rédaction

