À Yaoundé, la bière est devenue une denrée rare, au grand désespoir des amateurs de houblon et des tenanciers de bars. Depuis les fêtes de fin d’année, la capitale camerounaise traverse une crise inattendue : la pénurie de boissons hygiéniques et alcoolisées. Autrement dit, les soirées arrosées ressemblent désormais à des mirages.
La capitale en état de “sécheresse”
Depuis plusieurs semaines, les Yaoundéens font face à une réalité amère. Les débits de boissons, autrefois bien approvisionnés, peinent à remplir leurs frigos. Boissons du Cameroun, l’un des leaders du marché brassicole, semble incapable de répondre à la demande gargantuesque des habitants de la capitale et de la région du Centre.
« C’est la galère totale. Si je commande 50 casiers de bière, je n’en reçois que 20, et encore, ce n’est jamais la marque que j’ai demandée », déplore une tenancière de bar à Mvog-Mbi, visiblement excédée. Les grossistes, eux aussi, jettent l’éponge face à l’insatiable soif collective : l’offre actuelle ne peut plus étancher la demande.
Quand la Dopel monte au sommet
Les consommateurs, eux, encaissent mal cette situation. Non seulement la bière se fait rare, mais ses prix grimpent plus vite qu’une coupe de champagne dans un mariage. « Avant, ma Dopel coûtait 700 FCFA. Aujourd’hui, elle est à 800 FCFA, et parfois, elle disparaît totalement du marché. Même les bières Guinness deviennent introuvables », confie un habitué du quartier Melen, visiblement frustré de devoir limiter sa consommation.
Et pour cause, le Camerounais moyen, qui aime célébrer la vie avec plusieurs verres, doit désormais revoir ses habitudes. « Avant, je pouvais boire cinq bières par sortie. Maintenant, c’est à peine si j’en prends deux. Mon portefeuille n’est pas d’accord avec cette nouvelle équation. »
Les bars trinquent
Si les clients souffrent, les bars, eux, agonisent. Plusieurs établissements ont dû fermer leurs portes, incapables de gérer la pénurie et la baisse de fréquentation. Les marges des tenanciers fondent comme mousse au soleil, transformant certains quartiers en véritables déserts festifs.
Cette crise survient dans un contexte déjà marqué par une augmentation des prix en fin d’année 2024. Les bières qui valaient 700 FCFA flirtent désormais avec les 750 FCFA, tandis que celles à 900 FCFA atteignent aisément les 1 000 FCFA.
Un toast pour des jours meilleurs ?
À Yaoundé, la bière n’est pas qu’une boisson : c’est un art de vivre, un remède contre le stress quotidien et une source de lien social. Cette pénurie, qui touche à la fois le moral et le portefeuille, est donc vécue comme une double peine. Reste à espérer que les brasseurs redressent la barre rapidement.
En attendant, les Yaoundéens lèvent leur verre – vide ou non – en rêvant du jour où la bière coulera à nouveau à flots. Santé !
La Rédaction

