Au Burkina Faso, la coopération avec les partenaires internationaux se redéfinit autour d’une exigence désormais clairement assumée : les programmes d’appui doivent davantage partir des choix nationaux que des cadres élaborés de l’extérieur.
C’est dans cette logique qu’a été reçue à Ouagadougou la visite de Haoliang Xu, Administrateur adjoint du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Son déplacement a donné lieu à des échanges avec le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, autour des priorités économiques et sociales retenues par le gouvernement burkinabè.
Le plan RELANCE comme cadre de référence
Au centre des discussions figure le nouveau référentiel de développement du Burkina Faso, ainsi que le plan RELANCE qui doit en traduire les principales orientations.
Pour les autorités burkinabè, l’enjeu ne consiste plus seulement à obtenir un soutien financier ou technique. Il s’agit aussi de faire en sorte que les interventions extérieures s’inscrivent dans les politiques déjà définies par l’État et répondent plus directement aux besoins identifiés sur le terrain.
Haoliang Xu a indiqué vouloir examiner les marges d’adaptation de l’accompagnement du PNUD afin qu’il corresponde davantage aux objectifs retenus par Ouagadougou.
Une coopération appelée à changer de méthode
Le ministre burkinabè des Affaires étrangères a, de son côté, insisté sur la nécessité d’une relation davantage fondée sur l’écoute et la compréhension des réalités nationales.
Cette demande concerne aussi bien la mobilisation des ressources que l’évaluation des programmes, leur visibilité et la manière dont leurs résultats sont appréciés.
Ouagadougou souhaite également que certains outils internationaux de classement des pays soient réexaminés afin qu’ils prennent davantage en compte leurs capacités propres, leurs ressources et leurs trajectoires particulières.
Une même attente dans les pays de l’AES
La visite au Burkina intervient après des étapes de Haoliang Xu au Mali et au Niger, les deux autres membres de la Confédération des États du Sahel.
Cette séquence donne à la mission du PNUD une dimension régionale. Dans les trois pays, les autorités défendent désormais avec insistance une approche du développement davantage articulée autour de la souveraineté, de l’autonomie de décision et de la mobilisation des ressources nationales.
Pour le PNUD, le défi sera donc moins de maintenir une présence que de repenser la manière dont cette présence s’articule avec les nouvelles orientations politiques et économiques du Sahel.
La Rédaction

