Le président mozambicain Daniel Chapo a rencontré, dimanche soir à Maputo, son principal opposant Venâncio Mondlane. Une rencontre inédite qui pourrait marquer une évolution majeure dans la crise politique qui secoue le pays depuis l’élection présidentielle d’octobre 2024.
Un face-à-face sous haute surveillance
Depuis des mois, le Mozambique est plongé dans une instabilité persistante. Mondlane, qui revendique la victoire avec 25 % des suffrages selon les résultats officiels, n’a cessé de dénoncer des fraudes massives. Ses partisans, mobilisés dans les rues, ont affronté les forces de l’ordre à plusieurs reprises, faisant plus de 300 morts dans les violences post-électorales.
Jusqu’à présent, Daniel Chapo avait écarté toute possibilité de dialogue avec son rival. Ce tête-à-tête surprise change la donne. La présidence a présenté cette initiative comme un geste en faveur de la « stabilité nationale et de la réconciliation ».
Un apaisement ou une manœuvre politique ?
Mondlane, qui ne se revendique d’aucun parti mais bénéficie d’un large soutien populaire, a insisté sur l’urgence de répondre aux préoccupations des Mozambicains. « Face à l’insécurité grandissante, j’ai estimé nécessaire de rencontrer le chef de l’État pour poser les bases d’un dialogue sincère », a-t-il déclaré.
Si cette rencontre laisse entrevoir une possible accalmie, aucun détail concret n’a filtré sur d’éventuelles négociations. Mondlane a promis une prochaine déclaration publique pour préciser les suites de cet échange.
Reste à savoir si cette ouverture de Chapo marque un réel tournant ou s’inscrit dans une stratégie plus large pour contenir la contestation. Une chose est sûre : ce rapprochement inattendu ne manquera pas de faire réagir la classe politique et l’opinion publique mozambicaine.
La Rédaction

