L’ex président Jair Bolsonaro, confronté à plusieurs enquêtes judiciaires, intensifie sa campagne contre Alexandre de Moraes, juge à la Cour suprême du Brésil, accusant ce dernier de manœuvres injustifiées dans l’enquête sur l’élection présidentielle de 2022.
Jair Bolsonaro, figure de l’extrême droite brésilienne, cible depuis longtemps le juge Alexandre de Moraes, perçu comme l’un de ses principaux adversaires au sein du système judiciaire. Les tensions se sont accrues ces derniers jours après que le journal *Folha de São Paulo* a publié un article révélant que le juge aurait demandé officieusement des informations au Tribunal supérieur électoral (TSE) pour étayer ses décisions dans le cadre de l’enquête sur l’élection présidentielle de 2022.
Selon *Folha de São Paulo*, les révélations se basent sur des messages échangés entre 2022 et 2023 par des conseillers de Moraes au sein de la Cour suprême et du TSE, dont Moraes était le président à l’époque. Ces échanges montrent que Moraes aurait sollicité de manière informelle des rapports sur des alliés et partisans de Bolsonaro, suspectés d’avoir orchestré des campagnes de désinformation pendant la présidentielle. Ces rapports auraient ensuite servi de base pour l’enquête en cours menée par Moraes à la Cour suprême.
Ces allégations ont immédiatement enflammé le camp bolsonariste, qui y voit une preuve de partialité et d’abus de pouvoir de la part du magistrat. Pour Jair Bolsonaro et ses partisans, ces actions justifieraient une procédure de destitution contre Moraes.
En réponse à ces accusations, Alexandre de Moraes a défendu ses actions en affirmant qu’il aurait été incohérent, en tant que président du TSE, de ne pas se tenir informé des menaces pesant sur le processus électoral. Il a rejeté les critiques, qualifiant les accusations de « schizophréniques ».
Cette nouvelle attaque contre Moraes s’inscrit dans une stratégie plus large de Bolsonaro, visant à discréditer le système judiciaire brésilien qu’il accuse de persécuter son camp. Le juge Moraes, connu pour sa ligne dure, reste au centre des critiques, tandis que les partisans de Bolsonaro multiplient les appels à sa destitution.
La Rédaction

