Nouvel épisode dans la confrontation entre l’administration Trump et le pouvoir judiciaire. Vendredi 25 avril, le FBI a interpellé Hannah Dugan, juge dans le comté de Milwaukee (Wisconsin), pour « entrave » à une opération menée par les services de l’immigration. Elle est accusée d’avoir permis à un migrant en situation irrégulière d’échapper à une arrestation prévue dans son propre tribunal.
C’est Kash Patel, récemment nommé directeur du FBI par Donald Trump, qui a confirmé l’arrestation sur X, avant de supprimer sa publication. Il affirme que la juge Dugan aurait « intentionnellement détourné » les agents fédéraux pour aider le migrant à fuir. Ce dernier aurait néanmoins été rattrapé après une brève course-poursuite.
Cette arrestation spectaculaire, rarissime dans les annales judiciaires américaines, alimente les craintes de nombreux juristes et parlementaires, déjà inquiets de la tournure que prend la reprise en main des institutions par le pouvoir exécutif. Kash Patel, ancien conseiller loyaliste de Trump, est vu par ses détracteurs comme l’un des artisans d’un usage politique des forces de l’ordre.
La tension entre la Maison Blanche et la justice s’est accentuée depuis le retour de Trump à la présidence en janvier. Plusieurs jugements récents ont invalidé ses décisions, notamment en matière d’immigration, un domaine où son gouvernement entend imposer une ligne dure. En réponse, l’exécutif multiplie les accusations de partialité contre les magistrats et, dans ce cas, passe à l’acte.
Deux juges ont récemment dénoncé, dans des décisions distinctes, des manœuvres de l’administration visant à dissimuler des informations clés dans des affaires d’expulsion. L’arrestation d’Hannah Dugan, déjà décriée par plusieurs associations de défense des droits civiques, pourrait marquer un tournant dans l’équilibre délicat entre les pouvoirs aux États-Unis.
La Rédaction

