Le débat fait rage parmi les puristes de la langue française : les jeunes, eux, semblent s’en moquer. Des expressions comme “euh”, “du coup”, “en fait” ou “genre” font désormais partie intégrante de leur quotidien, à tel point qu’elles peuvent agacer les plus attachés à la pureté de notre langue. Mais qu’est-ce qui définit ces tics de langage, et pourquoi sont-ils si présents dans nos échanges ?
Françoise Nore, linguiste spécialisée en lexicologie, explique que ces tics se manifestent souvent sans que l’on y pense, servant de béquilles lexicales pour amorcer une phrase ou appuyer un discours. Historiquement, ces expressions ont toujours existé et évoluent avec les tendances de la langue. Depuis environ soixante ans, leur étude a mis en lumière un phénomène de mode : certains tics apparaissent, se répandent, puis s’éteignent, remplacés par d’autres termes.
L’expression “en fait”, par exemple, est un classique qui a infiltré notre vocabulaire depuis près de trente ans. D’autres, comme “du coup”, sont également considérées comme des béquilles qui aident à lier des idées, mais leur utilité est souvent remise en question. Selon Nore, bien que ces tics n’aient pas de fonction essentielle, les éliminer n’est pas chose aisée. Dans le flot des échanges rapides, il est facile d’y céder sans en prendre conscience.
Un autre exemple, le mot “choqué”, utilisé fréquemment sur les réseaux sociaux, suscite une frustration particulière. Nore souligne qu’il est employé dans des contextes où des adjectifs plus précis, comme “stupéfait” ou “enthousiaste”, seraient plus appropriés. En utilisant “choqué” de manière vague, l’individu perd en clarté, rendant la communication moins précise.
Il semble donc que cette tendance ne soit pas près de disparaître. Pour les jeunes, ces tics de langage sont devenus une sorte de seconde nature, mais pour les puristes, ils risquent de transformer la richesse de la langue française en une série d’expressions banalisées. Le défi reste de trouver un équilibre entre l’authenticité des échanges et la préservation de la clarté linguistique.
La Rédaction

