À travers la première édition du Salon-Expo Avicole du Bénin, les autorités entendent accélérer la transformation d’une filière encore largement dépendante des importations et poser les bases d’une véritable industrie avicole nationale.
COTONOU — Le Bénin affiche une nouvelle ambition stratégique en matière de souveraineté alimentaire. Réunis à Cotonou à l’occasion de la première édition du Salon-Expo Avicole du Bénin (SAB 2026), acteurs publics, opérateurs privés, chercheurs et partenaires techniques ont engagé des discussions autour de la modernisation de la filière avicole et de sa structuration industrielle.
Porté par l’Interprofession Avicole du Bénin (IAB), en partenariat avec le ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, l’événement met en lumière un secteur en pleine mutation mais encore marqué par une forte dépendance aux importations de produits avicoles. Les autorités reconnaissent que cette dépendance constitue un frein majeur à l’autonomie alimentaire du pays.
Lors de l’ouverture des travaux, le ministre de l’Agriculture a insisté sur la nécessité de bâtir une chaîne de valeur complète et intégrée. Il a souligné que la transformation du secteur passe par le développement des cultures destinées à l’alimentation animale, notamment le maïs et le soja, la production locale de poussins d’un jour, ainsi que la création d’unités industrielles capables de produire des aliments pour volailles, de transformer et de conserver les produits avicoles.
Selon lui, l’objectif est d’aller vers une souveraineté dite « protéique », condition essentielle pour réduire la dépendance du pays aux importations et renforcer la sécurité alimentaire nationale.
L’événement a également été marqué par la participation du Maroc en tant qu’invité d’honneur. Son ministre de l’Agriculture a salué une initiative qui s’inscrit dans une dynamique continentale visant à renforcer les capacités de production agricole et à créer davantage de valeur ajoutée en Afrique.
Au-delà des expositions, le salon se veut une plateforme d’échanges économiques et techniques. Conférences, formations et rencontres professionnelles y sont organisées afin de favoriser l’innovation, les investissements et la modernisation des infrastructures d’élevage.
Les organisateurs espèrent faire de ce rendez-vous un levier durable de structuration du secteur avicole béninois. L’enjeu dépasse désormais le cadre événementiel pour s’inscrire dans une stratégie nationale de long terme visant à bâtir une filière compétitive, créatrice d’emplois et moins dépendante des importations.
La Rédaction

