La journaliste d’investigation béninoise Flore Nobimé est décidée à ne pas céder face aux contraintes qu’impose le nouveau ≪code du numérique≫ instauré au Benin.
Le Bénin est souvent présenté comme un modèle du continent en terme de démocratie. Pourtant depuis un moment, la liberté d’expression semble menacée selon RFI qui affirme qu’ ≪au Bénin, pays présenté comme une démocratie exemplaire, les entraves aux libertés individuelles se multiplient≫. En effet, une nouvelle loi nommée ≪code du numérique≫ a fait son apparution dans le monde médiatique et sanctionne les journalistes avec des peines de prison depuis 2018.
Cette loi est considérée par les acteurs médiatiques comme un coup de tonnerre dans un ciel jusque là serein. Si cette loi a pu dissuader certains journalistes dans l’exercice de leur fonction, ce n’est pas le cas pour Flore Nobimé, journaliste indépendante d’investigation qui, en depit de cette décision est reste engagée.
En 2015, les délits de presse ont été dépénalisés au Benin, mais en 2018, ≪Le code numérique≫, la nouvelle loi censée lutter contre une panoplie de délits telles que la cybercriminalité sanctionne les actions telles que travailler sur l’extremisme violent ou l’insecurité pour espionage. Ce code qui ne tient pas compte du statut de journaliste a dejà coûté la liberté à certains journalistes dont Ignace Sousou en 2019 pour avoir repris les propos d’un procureur tenu lors d’un atelier de travail selon RFI.
Flore Nobimé est une historienne de formation et journaliste depuis 2011. Avec le néerlandais Olivier van Beemen, elle a été détenue pendant quatre jours en voulant effectuer une enquête sur l’organisation de défense de la nature African Parks. Ils ont été arrêtés pour espionnage. Olivier Van Beemen a été expulsé du territoire après sa libération. Elle déclare sur RFI que : “Il est devenu très difficile pour les journalistes de travailler au Bénin”.

