Du 4 au 8 août 2026, le Bénin accueille la 17ᵉ édition du Forum social mondial, l’un des principaux espaces internationaux de convergence entre mouvements sociaux, organisations citoyennes, chercheurs et militants. À Cotonou, les débats doivent porter sur les réponses populaires aux crises climatiques, sociales et démocratiques, dans un contexte où les fractures mondiales donnent une nouvelle actualité au projet altermondialiste.
Cotonou — Un quart de siècle après la naissance du Forum social mondial, son slogan fondateur — « Un autre monde est possible » — conserve une résonance particulière. Les crises se sont multipliées, les inégalités se sont approfondies et la question climatique s’est imposée comme un enjeu social autant qu’environnemental.
C’est dans ce contexte que Cotonou accueille, à partir du 4 août, des délégations venues de plusieurs régions du monde. La rencontre repose sur une architecture décentralisée : associations, syndicats, collectifs, réseaux militants et organisations communautaires proposent leurs propres ateliers, débats et espaces de mobilisation. L’objectif n’est pas d’aboutir à une déclaration unique, mais de faire circuler les expériences et de rapprocher des luttes souvent menées séparément.
Le retour du Forum social mondial en Afrique
La tenue de cette édition à Cotonou marque le retour du Forum social mondial sur le continent africain après plus d’une décennie. Ce choix replace les préoccupations africaines au centre d’un mouvement longtemps structuré autour de la critique de la mondialisation néolibérale et de la recherche d’alternatives économiques, sociales et écologiques.
Les discussions annoncées doivent notamment aborder la justice climatique, la défense des droits, la gouvernance des ressources naturelles, la paix, les migrations, la souveraineté alimentaire et les formes d’économie solidaire. Ces thématiques résonnent fortement en Afrique, où les populations subissent souvent de manière disproportionnée les conséquences du dérèglement climatique, de l’endettement, de l’extractivisme et de l’accaparement des terres.
L’accueil béninois donne également une visibilité particulière aux organisations ouest-africaines. Celles-ci entendent utiliser le Forum pour renforcer leurs réseaux, porter leurs revendications au-delà des cadres nationaux et inscrire les réalités locales dans les grandes mobilisations internationales.
Un espace de convergence plutôt qu’un sommet classique
Le Forum social mondial se distingue des rencontres diplomatiques ou économiques traditionnelles. Aucun gouvernement n’y négocie de traité et aucune institution n’y impose une ligne politique commune. Sa force réside dans la pluralité des voix et dans la possibilité offerte aux mouvements sociaux de confronter leurs stratégies.
Cette organisation ouverte constitue aussi sa principale difficulté. Le Forum doit éviter la dispersion des débats et transformer la multiplication des initiatives en coopérations durables. L’enjeu ne sera donc pas seulement de réunir des milliers de participants, mais de faire émerger des alliances capables de survivre à l’événement.
À Cotonou, la jeunesse devrait occuper une place importante, notamment autour des mobilisations climatiques et sociales. Plusieurs programmes ont été conçus pour favoriser la participation de jeunes militants et leur intégration dans les réseaux internationaux.
Cotonou face au défi de l’après-Forum
Pour le Bénin, l’accueil d’un tel rassemblement représente une opportunité diplomatique et symbolique. Pendant plusieurs jours, Cotonou sera un point de rencontre entre des acteurs rarement présents dans les mêmes espaces : militants écologistes, défenseurs des droits, syndicats, chercheurs, organisations paysannes et mouvements féministes.
Mais la véritable portée du Forum se mesurera après sa clôture. Son influence dépendra de la capacité des participants à traduire les débats en campagnes communes, en solidarités concrètes et en propositions politiques accessibles au-delà des cercles militants.
Le rendez-vous de Cotonou ne prétend pas résoudre les crises mondiales en cinq jours. Il cherche plutôt à rappeler que les réponses ne viennent pas uniquement des États, des marchés ou des grandes institutions. Elles se construisent aussi dans les sociétés, à partir d’expériences locales que le Forum entend relier à une ambition planétaire.
La Rédaction
Sources : Forum social mondial 2026 ; Attac France ; RIPESS Europe ; Habitat International Coalition.

