À Lomé, des experts de l’Autorité du bassin de la Volta affinent un référentiel commun
Au-delà d’une simple réunion technique organisée à Lomé, c’est une réflexion stratégique sur la valeur économique des écosystèmes du Bassin de la Volta qui se joue actuellement. Les experts de l’Autorité du Bassin de la Volta (ABV) travaillent à la finalisation d’un outil méthodologique destiné à mieux intégrer le capital naturel dans les politiques publiques des États membres.
L’objectif est clair : dépasser les approches environnementales classiques pour traduire les services rendus par les écosystèmes en indicateurs mesurables et exploitables dans la planification économique.
Quantifier la contribution de la nature
Hydroélectricité, agriculture irriguée, pêche continentale, aquaculture : les ressources générées par le bassin constituent un socle économique majeur pour les pays riverains. Pourtant, la contribution réelle des écosystèmes reste souvent sous-évaluée dans les arbitrages budgétaires.
Le document technique en cours de validation vise précisément à corriger cette lacune. Il propose des indicateurs harmonisés permettant d’évaluer le capital environnemental et d’établir un référentiel partagé entre les six États membres. Cette harmonisation est essentielle dans un espace où les dynamiques hydrologiques transcendent les frontières nationales.
Un espace stratégique sous pression
Avec une superficie estimée à environ 407 000 km², le bassin irrigue le Burkina Faso, le Mali, le Bénin, le Togo, la Côte d’Ivoire et le Ghana. Il s’organise autour de plusieurs axes hydrographiques majeurs — Volta Noire, Blanche, Rouge et Oti — qui alimentent notamment le lac Volta, infrastructure déterminante pour la production énergétique régionale.
Cette interdépendance amont-aval impose une gouvernance concertée. Toute décision prise dans un pays peut avoir des répercussions hydriques, agricoles ou énergétiques chez ses voisins. D’où la nécessité d’un cadre méthodologique commun.
Entre développement et durabilité
La rencontre de Lomé s’inscrit dans une série d’ateliers techniques engagés depuis 2025 afin de consolider les bases scientifiques et économiques du projet. Les recommandations attendues pourraient influencer la gestion intégrée des ressources en eau, la planification énergétique et les stratégies d’adaptation face au changement climatique.
Dans un contexte de croissance démographique rapide et de pressions environnementales accrues, l’enjeu dépasse la simple production de données. Il s’agit d’inscrire la durabilité dans l’architecture même des décisions économiques régionales.
La Rédaction

