Avec le passage en phase d’implémentation du programme des 20 000 logements, les autorités togolaises engagent une transformation structurante du Grand Lomé. Le site de Kpomé-Dalavé est appelé à devenir un futur pôle urbain stratégique, pensé pour absorber la pression démographique et réorganiser l’expansion de la capitale.
LOMÉ, juin 2026 – Le programme national de construction de 20 000 logements franchit un seuil décisif. Présenté à l’occasion des BOAD Development Days à Lomé, le projet entre désormais dans sa phase opérationnelle avec le démarrage des travaux préparatoires sur le site de Kpomé-Dalavé, dans la préfecture du Zio, à une quarantaine de kilomètres au nord de la capitale.
Étalé sur 1 177 hectares, ce futur espace d’aménagement ne se limite pas à un simple programme immobilier. Il est progressivement conçu comme un nouveau pôle urbain structurant, destiné à accompagner la recomposition spatiale du Grand Lomé face à une pression démographique croissante.
Kpomé-Dalavé, futur espace de recomposition du Grand Lomé
Le choix du site s’inscrit dans une logique d’aménagement du territoire à grande échelle. Alors que la capitale togolaise continue de s’étendre et d’atteindre ses limites fonctionnelles, Kpomé-Dalavé est pensé comme une zone de relâchement urbain et de rééquilibrage territorial.
La demande nationale en logement est estimée à près de 500 000 unités, tandis que le taux d’urbanisation est passé de 37 % en 2010 à environ 43 % en 2022. Dans ce contexte, le programme des 20 000 logements apparaît comme une première réponse structurée à un déséquilibre urbain devenu structurel.
Une logique de projet intégré au-delà du logement
Au-delà de la production d’unités d’habitation, le programme s’inscrit dans une vision élargie du développement territorial. Le logement est ici pensé comme un levier de transformation économique, sociale et urbaine.
Le projet devrait ainsi stimuler les chaînes de valeur locales du secteur du bâtiment et des travaux publics, renforcer l’activité économique des collectivités territoriales et contribuer à la structuration de nouveaux services urbains autour du futur site.
Cette approche s’inscrit dans le cadre du Programme national d’aménagement du territoire, porté par les autorités publiques comme un outil de réorganisation spatiale et de développement équilibré.
Une architecture financière régionale et multilatérale
La mise en œuvre du programme repose sur un montage financier associant plusieurs partenaires institutionnels et techniques, dont la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), la Banque africaine de développement (BAD), la Société financière internationale (SFI) et Shelter Afrique.
Les études techniques du site ont déjà été financées par la BOAD et la BAD, confirmant l’ancrage régional du projet et son inscription dans une dynamique de coopération financière structurée.
Par ailleurs, des mécanismes innovants tels que la Garantie de prêts au logement (GPL), lancée à Lomé en 2024, sont mobilisés afin de faciliter l’accès au crédit immobilier et soutenir la viabilité économique du programme.
Une phase opérationnelle désormais engagée
Pour les autorités, l’enjeu n’est plus uniquement conceptuel. Le ministre de l’Aménagement du Territoire, de l’Urbanisme et de l’Habitat a confirmé l’entrée effective du projet dans sa phase d’exécution, marquant une étape clé dans la concrétisation du programme.
Dans cette perspective, Kpomé-Dalavé s’impose progressivement comme un laboratoire d’urbanisation planifiée, où se dessinent les contours d’une nouvelle organisation du territoire métropolitain.
La Rédaction

