La députée de l’opposition réclame une transition politique et le retour au texte constitutionnel de 1992, une revendication aussi radicale que familière dans le paysage politique togolais.
La politique togolaise a ses traditions. Parmi elles figure la réapparition régulière de la Constitution de 1992 dans les discours de l’opposition. Lundi, la députée Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson a remis ce classique au goût du jour en appelant au départ de l’exécutif et à l’instauration d’une transition démocratique, avec un enthousiasme digne d’un scénario déjà maintes fois joué.
Pour l’élue, la situation institutionnelle actuelle résulterait d’une « rupture constitutionnelle » et devrait être corrigée par un retour au texte fondamental adopté au début des années 1990. Une position qu’elle défend avec constance depuis plusieurs années, preuve que certaines batailles politiques semblent immortelles.
Dans son intervention, l’opposante met également en garde contre ce qu’elle considère comme un scénario politique prévisible : concertations entre acteurs, réformes institutionnelles, puis consultation populaire. Selon elle, cette séquence pourrait aboutir à un nouveau cadre constitutionnel. Une perspective qu’elle rejette avec fermeté, rappelant à tous que la répétition n’enlève rien à la solennité de ses avertissements.
Ses exigences sont limpides : rétablissement de la Constitution de 1992, application stricte de la limitation des mandats et départ de l’exécutif. Rien de moins. Un programme ambitieux qui, reconnaissons-le, a le mérite d’aller droit au but — même si sa mise en œuvre nécessiterait une conjonction d’événements plutôt rares.
Ces déclarations rappellent une réalité bien connue de la vie politique togolaise : pour rester visible, l’opposition doit parfois hausser le ton. Dans un contexte où les équilibres institutionnels évoluent progressivement, ces appels spectaculaires à la transition et à la refondation constitutionnelle servent surtout à rappeler que le débat public ne manque ni de voix… ni de théâtralité.
Pendant ce temps, les institutions continuent leur travail quotidien, laissant aux proclamations politiques leur rôle habituel : alimenter le débat et offrir, par moments, un spectacle de la scène politique à la fois sérieux et légèrement prévisible.
La Rédaction

