En décembre prochain, la CEDEAO signera à Abuja les accords intergouvernementaux nécessaires à la réalisation du Gazoduc Africain Atlantique (AAGP). Ce projet stratégique de 6 800 km vise à relier le Nigeria au Maroc, tout en desservant 16 pays africains. Une infrastructure qui pourrait transformer le paysage énergétique du continent et renforcer son rôle sur la scène mondiale.
Une infrastructure structurante

Prolongement du West African Gas Pipeline, le projet s’étendra en trois phases :
1.L’extension du gazoduc existant jusqu’en Côte d’Ivoire et la connexion entre Kayar (Sénégal) et le Maroc.
2.Le raccordement des zones gazières du sud du Nigeria au Ghana.
3.La jonction entre San Pedro (Côte d’Ivoire) et Kayar, complétant ainsi le réseau.
Une fois achevé, le gazoduc permettra un transport plus compétitif du gaz naturel par rapport au Gaz Naturel Liquéfié (GNL). Il vise aussi à sécuriser l’approvisionnement énergétique des pays africains tout en répondant à la demande européenne.
Des ressources abondantes, mais sous-exploitées
Le Nigeria, détenteur des plus grandes réserves gazières du continent, est encore freiné par le torchage et la priorité donnée au pétrole. Toutefois, des investissements récents, notamment 12 milliards de dollars engagés par TotalEnergies et Shell, visent à accroître sa production.
Par ailleurs, d’autres gisements renforcent la viabilité du projet, comme le champ Grand Tortue Ahmeyim entre le Sénégal et la Mauritanie, ou encore le gisement Bir Allah en Mauritanie. Ces ressources, combinées à celles du Ghana et de la Côte d’Ivoire, garantissent l’alimentation durable du gazoduc.
Une opportunité régionale et internationale
Le projet, estimé à 26 milliards de dollars, devrait générer des retombées économiques considérables pour les pays impliqués, notamment en matière d’emploi, de recettes fiscales et de modernisation des infrastructures. Il renforcera également l’intégration régionale en connectant les économies d’Afrique de l’Ouest.
Sur le plan international, il représente une solution stratégique pour diversifier les sources d’approvisionnement en gaz de l’Europe, dans un contexte de crise énergétique.
Une signature déterminante
Les accords, négociés à Rabat, Marrakech et Abidjan, encadreront juridiquement et techniquement la mise en œuvre du projet, tout en définissant les droits et obligations des parties prenantes. Leur signature en décembre marquera un jalon décisif pour ce projet emblématique, fruit d’une vision partagée entre le Maroc et le Nigeria.
Avec des retombées économiques et géopolitiques majeures, le Gazoduc Africain Atlantique s’impose comme un moteur de transformation énergétique pour l’Afrique et un symbole de coopération régionale exemplaire.
La Rédaction

