Lors du sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba, les chefs d’État ont adopté un nouvel outil financier : le Mécanisme africain de stabilité financière (AFSM). Hébergé par la Banque africaine de développement (BAD), ce dispositif vise à protéger les économies africaines des risques de surendettement en facilitant l’accès à des financements plus abordables.
Une alternative face au poids de la dette
Le surendettement reste un frein majeur au développement en Afrique. En 2024, le service de la dette des pays du continent a atteint 90 milliards de dollars, en raison de taux d’intérêt prohibitifs. L’AFSM ambitionne de changer la donne en mobilisant des ressources financières internationales pour offrir des liquidités de refinancement à moindre coût. Son président, Akinwumi Adesina, insiste sur la nécessité d’un filet de sécurité régional capable d’amortir les chocs économiques.
Une réputation à redorer sur les marchés
Un des enjeux cruciaux de ce mécanisme sera de rassurer les investisseurs. Selon une étude menée par Moody’s Analytics à la demande de la BAD, le risque réel de perte sur les investissements en Afrique est de 1,7 %, bien inférieur aux 13 % d’Amérique latine ou aux 10 % d’Europe de l’Est. Pourtant, la perception du risque reste largement exagérée, entraînant des coûts d’emprunt injustement élevés.
Si les accords régissant l’AFSM ne sont pas encore finalisés, la BAD estime que sa mise en place pourrait générer jusqu’à 20 milliards de dollars d’économies sur le service de la dette d’ici 2035. Reste à voir si cette initiative suffira à convaincre les marchés et à alléger le fardeau financier des États africains.
La Rédaction

