L’Afrique se dote d’un cadre stratégique pour protéger les enfants dans l’espace numérique. Le 17 juin 2025, la GSMA a rendu public un livre blanc intitulé « Renforcer la protection des enfants en ligne en Afrique subsaharienne », en partenariat avec l’UNICEF et les principaux acteurs de l’industrie mobile. Ce document propose des solutions concrètes face aux dangers qui guettent les jeunes internautes du continent, de plus en plus connectés via des appareils mobiles.
La publication de ce livre blanc s’inscrit dans la continuité d’une table ronde de haut niveau organisée à Barcelone, lors du Programme ministériel du MWC25. L’objectif ? Engager les gouvernements, les entreprises, la société civile et les jeunes eux-mêmes dans une action collective pour bâtir un espace numérique plus sûr.
Un contexte de transformation numérique rapide
Avec l’explosion de la connectivité en Afrique, les enfants sont plus nombreux à utiliser Internet, souvent sans accompagnement ni protections adaptées. Si le mobile peut être une porte d’entrée vers l’éducation et l’autonomie, il expose aussi à des risques : cyberharcèlement, exposition à des contenus violents ou inappropriés, exploitation en ligne, etc.
La GSMA, déjà engagée avec l’UNICEF depuis plusieurs années, met en avant le potentiel de la technologie mobile pour promouvoir les droits fondamentaux des enfants, tels que définis par la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant (CDE) et la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant (CADBE).
Des recommandations concrètes pour un numérique plus sûr
Le livre blanc contient une série de recommandations destinées à différents acteurs :
• Les gouvernements et régulateurs sont appelés à renforcer les cadres juridiques et politiques en lien avec la stratégie de l’Union africaine pour la sécurité des enfants en ligne.
• L’industrie mobile doit promouvoir des produits et services sûrs, intégrer les droits des enfants dans leurs pratiques commerciales et collaborer avec la société civile.
• La société civile et les familles sont invitées à renforcer les actions de sensibilisation, d’éducation au numérique, et à intégrer activement les jeunes dans les processus décisionnels.
Par ailleurs, le livre blanc préconise une mutualisation des efforts via des partenariats public-privé, des outils partagés à l’échelle régionale et la création d’un groupe de travail africain co-présidé par la GSMA et l’UNICEF.
La jeunesse africaine en première ligne
Symbole fort de cet engagement, Jemima Kasongo, 19 ans, venue de RDC, a ouvert la table ronde avec un appel vibrant au nom de la jeunesse africaine. Pour Nankali Maksud, conseillère régionale pour la protection de l’enfance à l’UNICEF, « défendre les droits des enfants en ligne, c’est investir dans le capital humain et les futurs leaders du continent ».
En effet, avec la moitié de la population africaine âgée de moins de 18 ans, la protection en ligne devient un enjeu de société majeur. Angela Wamola, responsable Afrique subsaharienne à la GSMA, insiste : « La protection des enfants en ligne est une responsabilité partagée. Ensemble, faisons du numérique une promesse, pas une menace. »
Ce livre blanc marque une étape décisive dans la construction d’un Internet plus responsable, où les enfants d’Afrique ne seront plus des utilisateurs invisibles, mais des acteurs protégés, écoutés et inclus.
La Rédaction

