Les experts appellent les gouvernements africains à agir vite pour protéger des millions de familles du diabète et des maladies cardiovasculaires
Afrique : Obésité, une bombe sanitaire silencieuse
L’Afrique est confrontée à un paradoxe cruel : sous-nutrition et surpoids coexistent parfois sous le même toit. Aujourd’hui, des experts en santé lancent un avertissement urgent aux gouvernements du continent : il est temps de reconnaître l’obésité comme une maladie et non un simple choix de vie. Et les nouvelles directives de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur les thérapies GLP-1 offrent une opportunité inédite pour inverser la tendance.
Stephen Ogweno, chercheur senior et fondateur de la Stowelink Foundation, explique que ces recommandations marquent un tournant historique : elles permettent de classer l’obésité comme une maladie chronique et récidivante nécessitant un suivi complet et à vie. « Si le Kenya applique ces directives, nous pouvons sauver des familles du diabète et des insuffisances rénales. Il est temps de passer de la réaction à la prévention », assure-t-il.
L’OMS sonne l’alerte
L’obésité reste l’un des défis sanitaires mondiaux majeurs et cause chaque année des millions de décès. Sans intervention rapide, le nombre de personnes vivant avec l’obésité pourrait doubler d’ici 2035. Les risques sont colossaux : maladies cardiaques, AVC, diabète de type 2 et certains cancers.
Les thérapies GLP-1, injectables ou orales, imitent l’hormone naturelle GLP-1 de l’organisme. Elles ralentissent la digestion, réduisent l’appétit et favorisent une perte de poids significative, tout en apportant des bénéfices potentiels pour le cœur et les reins. L’OMS recommande leur utilisation à long terme chez l’adulte, hors femmes enceintes, accompagnée d’un soutien comportemental intensif incluant régime et activité physique.
Une urgence pour les gouvernements africains
Ogweno insiste : « Sans politiques ciblées, ces traitements risquent d’accentuer les inégalités de santé. Les gouvernements doivent négocier les prix et accélérer la production de génériques pour les rendre accessibles aux familles à faibles revenus. »
L’Afrique fait face à un double fardeau nutritionnel. Dans un même foyer, un enfant peut être en sous-poids alors qu’un parent est obèse. Ce contraste brutal exerce une pression énorme sur les systèmes de santé déjà fragiles. Les directives GLP-1 offrent une chance unique de s’attaquer aux racines de l’obésité et des maladies non transmissibles comme l’hypertension et les maladies cardiaques.
Impact social et initiatives continentales
Grâce à la Stowelink Foundation, Ogweno a mené des campagnes numériques sur les maladies non transmissibles dans dix pays, développé des jeux éducatifs pour sensibiliser les enfants et lancé des programmes de soins primaires dirigés par les jeunes, touchant plus de 1,6 million de personnes à travers l’Afrique. Ces initiatives montrent que, couplées aux nouvelles directives OMS, les solutions existent pour transformer le paysage sanitaire du continent.
« L’Afrique ne peut plus attendre. Chaque jour compte pour prévenir les maladies et sauver des vies », conclut Ogweno.
La Rédaction

