La récente mise à jour du Groupe d’action financière (GAFI) révèle un bilan contrasté pour le continent africain dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Tandis que l’Algérie, l’Angola et la Côte d’Ivoire rejoignent la liste grise, le Sénégal s’en libère, illustrant les défis persistants auxquels le continent est confronté dans le renforcement de ses dispositifs de conformité.
Nouveaux Pays Africains sur la Liste Grise
Le 25 octobre 2024, le GAFI a inclus l’Algérie, l’Angola et la Côte d’Ivoire dans la liste grise en raison de lacunes stratégiques identifiées dans leurs régimes de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT). Ces pays s’ajoutent aux onze autres nations africaines déjà présentes sur cette liste, comme le Burkina Faso, qui y figure depuis 2021.
Défis spécifiques par pays :
• Algérie : Le pays doit renforcer sa surveillance en fonction des risques et améliorer l’accès aux informations sur la propriété effective des entreprises pour identifier les bénéficiaires finaux. Une révision du cadre juridique de sanctions financières ciblées est également nécessaire pour contrer efficacement le financement du terrorisme.
• Angola : Le principal défi pour l’Angola réside dans l’approfondissement de l’évaluation nationale des risques de blanchiment et de financement du terrorisme, ainsi que dans l’intensification des poursuites contre les infractions financières.
• Côte d’Ivoire : Bien que des progrès législatifs aient été réalisés, le pays doit renforcer la coopération internationale pour les enquêtes transnationales, et consolider la supervision de son secteur financier afin de garantir une application efficace des normes LBC/FT.
Ces pays nouvellement inscrits devront suivre un plan d’action défini en collaboration avec le GAFI et les groupes régionaux, impliquant des réformes importantes, un renforcement des capacités et une meilleure coordination entre les institutions concernées. Faute de progrès, ils pourraient subir des sanctions économiques, affectant leurs transactions et leur accès au financement.
Le Sénégal : Un Pas en Avant
À l’inverse, le Sénégal est sorti de la liste grise en octobre 2024, après y avoir figuré depuis février 2021. Selon le rapport du GAFI, le pays a mené des réformes substantielles, améliorant la transparence sur la propriété effective, la supervision fondée sur les risques et la coopération entre les autorités compétentes.
Les avancées majeures incluent le renforcement de la cellule de renseignement financier et l’intensification des poursuites pour blanchiment d’argent, en plus de la consolidation du cadre de lutte contre le financement du terrorisme. Les experts soulignent cependant que cette sortie ne doit pas entraîner un relâchement ; le Sénégal est encouragé à poursuivre ses efforts en étroite collaboration avec le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA).
Une Afrique en Quête de Conformité Internationale
Ce tableau hétérogène témoigne de la complexité des défis financiers auxquels le continent est confronté. Tandis que certains pays avancent, d’autres peinent à aligner leurs systèmes de surveillance et de sanction sur les standards mondiaux. Cette mobilisation continue, appuyée par les organismes régionaux et internationaux, demeure cruciale pour éradiquer les flux financiers illicites et soutenir le développement économique en Afrique.
La Rédaction

