Sur un continent où l’industrie automobile reste encore marginale à l’échelle mondiale, le Maroc s’impose désormais comme le moteur de la production de voitures particulières. En 2024, le Royaume a creusé l’écart avec l’Afrique du Sud, autre géant du secteur, en atteignant un volume de 524.467 véhicules produits contre 350.384 pour son concurrent sud-africain.
L’Afrique, avec seulement 1,18 million de véhicules produits en 2024 (soit 1,27 % de la production mondiale), reste un acteur mineur. Mais ce chiffre cache une réalité bien plus concentrée : 98,4 % de cette production provient de deux pays seulement — le Maroc et l’Afrique du Sud. Les autres nations africaines, ensemble, n’ont produit que 18.001 véhicules.
Le Maroc prend l’avantage
En matière de voitures particulières, le Maroc a nettement pris l’ascendant. Avec seulement deux constructeurs (Renault Group Maroc et Stellantis Maroc), il a produit plus de 60 % des voitures particulières fabriquées sur le continent. Le Royaume affiche aussi un taux d’intégration industrielle impressionnant, supérieur à 65 %, contre seulement 22,6 % en Afrique du Sud. Cette performance s’appuie sur un écosystème solide, composé de plus de 160 équipementiers locaux.
Renault Group Maroc, en particulier, tire la croissance vers le haut. Avec 413.614 véhicules sortis de ses usines de Tanger et Casablanca (SOMACA), le constructeur signe une progression annuelle de 8 %. L’usine de Tanger, avec 312.381 unités produites, et celle de Casablanca (101.233 véhicules), ont toutes deux franchi de nouveaux caps. Stellantis, de son côté, a produit 111.000 unités, avec un taux d’intégration encore plus élevé de 70 %.
L’Afrique du Sud en recul relatif
L’Afrique du Sud, qui reste le premier producteur africain tous segments confondus (véhicules particuliers et utilitaires), voit sa domination s’effriter dans le segment stratégique des voitures particulières. En 2024, elle a produit 599.754 véhicules (-5,2 %), dont seulement 350.384 voitures particulières, malgré la présence de sept constructeurs majeurs (Volkswagen, Ford, Toyota, Nissan, BMW, Mercedes, Isuzu).
Le pays conserve cependant des atouts structurels : un écosystème avec plus de 430 fournisseurs, un marché local dynamique (515.850 unités vendues en 2024), et une longue tradition industrielle. Mais il fait face à plusieurs obstacles : coupures récurrentes d’électricité, incertitudes douanières liées aux nouvelles taxes américaines, et retard dans la transition vers les véhicules électriques.
Une course vers l’électrique à ne pas manquer
Tant au Maroc qu’en Afrique du Sud, le défi des prochaines années sera de réussir le virage vers l’électromobilité. Le Royaume semble mieux préparé : Stellantis y produit déjà des modèles électriques comme la Citroën Ami et la Fiat Topolino. Renault et Stellantis visent aussi à porter leur taux d’intégration à 80 % d’ici 2030 et à élargir leur gamme vers des modèles hybrides et électriques.
En consolidant sa position dans les voitures particulières, le Maroc ambitionne désormais de devenir un hub continental pour les nouvelles mobilités. Une ambition réaliste, à condition de poursuivre l’effort industriel et d’anticiper les mutations du secteur.
La Rédaction

