Près de 2,5 milliards de personnes dans le monde pourraient souffrir d’une perte auditive d’ici 2050, dont plus de 700 millions nécessiteront des services de réadaptation, met en garde l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). L’Afrique, et plus particulièrement le Nigeria, le Kenya, la République démocratique du Congo et le Sénégal, se trouve au cœur de cette menace silencieuse si des mesures immédiates ne sont pas déployées.
Aujourd’hui, plus de 430 millions de personnes vivent avec une déficience auditive invalidante, dont 34 millions d’enfants. Dans les pays africains à revenu faible ou intermédiaire, près de 80 % des personnes concernées n’ont pas accès aux services de réadaptation essentiels, exposant des millions de citoyens à l’isolement social et à des difficultés économiques et éducatives.
La perte auditive touche toutes les tranches d’âge, du fœtus aux personnes âgées, et résulte d’une combinaison de facteurs : causes génétiques, infections, traumatismes, exposition prolongée au bruit, médicaments ototoxiques ou maladies chroniques. L’OMS souligne que plus d’un milliard de jeunes sont aujourd’hui exposés à un risque évitable de déficience auditive en raison de pratiques d’écoute non sécurisées, notamment avec les appareils audio personnels.
Les conséquences d’une déficience auditive non traitée sont lourdes : troubles de la communication, isolement social, baisse de productivité, retards scolaires et altération des fonctions cognitives. Pourtant, de nombreuses causes sont évitables grâce à des interventions simples de santé publique : vaccination, prévention des infections, protection contre le bruit et utilisation raisonnée des médicaments ototoxiques.
Investir dans les soins auditifs reste très abordable : moins de 1,40 USD par personne et par an suffirait à l’échelle mondiale, avec un retour sur investissement potentiel de 16 USD pour chaque dollar investi sur dix ans. Pour l’Afrique, l’enjeu est double : prévenir les déficiences auditives et élargir l’accès aux services de réadaptation, incluant aides auditives, implants cochléaires, orthophonie, enseignement de la langue des signes, dispositifs de sous-titrage et formation à la participation sociale.
L’OMS recommande aux pays africains de développer des programmes de dépistage dès la naissance et à l’école, de former le personnel de santé aux soins auditifs, de promouvoir des pratiques d’écoute sans risque et d’intégrer des services de réadaptation accessibles et abordables pour les populations vulnérables.
Chaque année, la Journée mondiale de l’audition rappelle l’urgence de protéger l’audition et d’assurer à tous, en particulier aux populations africaines à risque, un accès équitable à des soins auditifs de qualité.
La Rédaction

