Vendredi, devant l’ambassade des États-Unis à Pretoria, en Afrique du Sud, des manifestants pro-démocratie d’ESwatini ont exprimé leur mécontentement face à l’accord migratoire récemment conclu entre leur pays et Washington.
Ce pacte prévoit l’accueil par l’ESwatini de ressortissants expulsés des États-Unis, en échange d’une aide financière conséquente. Mais pour les manifestants, ce soutien financier ne profitera pas à la population, déjà confrontée à de graves difficultés socio-économiques.
Philile Khumalo, l’un des organisateurs, dénonce : « Le Swaziland est le deuxième pays d’Afrique en termes de taux de suicide, conséquence directe de la pauvreté et du manque de perspectives. Pourtant, le roi Mswati III signe un accord avec les États-Unis pour recevoir 500 millions de dollars, alors que le peuple swazi n’en bénéficiera pas. »
Sakhile Nxumalo, président du Swaziland Youth Congress, rejoint ce constat. Selon lui, les fonds promises iront directement dans les comptes du roi et de sa famille royale, au lieu d’améliorer la vie des citoyens ou de lutter contre la criminalité locale. « Nous avons un roi avec 15 épouses qui n’ont jamais travaillé, et ces milliards continueront à soutenir la monarchie, sans aider le peuple », affirme l’activiste.
Lors de la manifestation, les militants ont brandi des banderoles appelant à la fin de la monarchie absolue et à davantage de démocratie dans le royaume.
L’événement souligne la tension croissante entre la société civile swazie et la monarchie, ainsi que le mécontentement face aux accords internationaux perçus comme favorisant les élites plutôt que la population.
La Rédaction

