Le roi Zoulou d’Afrique du Sud, Misuzulu kaZwelithini, se retrouve au cœur d’une tempête conjugale et judiciaire alors qu’il tente de contracter un troisième mariage. Sa première épouse, la reine Ntokozo kaMayisela, a tenté d’empêcher cette union devant la justice, mais sa requête a été rejetée. Un nouvel épisode qui s’ajoute aux controverses entourant le règne du monarque, déjà fragilisé par des luttes de pouvoir internes.
Un recours judiciaire sans succès
Mariée civilement au roi en 2021, la reine Ntokozo kaMayisela a saisi la Haute Cour pour bloquer le mariage de son époux avec Nomzamo Myeni, sa future troisième épouse. En Afrique du Sud, un mariage civil empêche légalement un homme de prendre d’autres épouses, sauf s’il divorce ou convertit son union en mariage coutumier. Pourtant, cette contrainte ne semblait pas avoir posé problème lorsque le roi avait pris une seconde épouse, la reine Nozizwe Mulela-Zulu, en 2022.
Selon la reine Mayisela, un accord avait été trouvé avec son mari pour convertir leur mariage en union traditionnelle, mais ce dernier serait revenu sur sa décision. La justice, cependant, a estimé qu’ayant déjà consenti à ce que le roi prenne d’autres femmes, elle ne pouvait pas empêcher cette nouvelle union.
Un mariage entouré d’incertitudes
Si le tribunal a levé les obstacles judiciaires, des doutes persistent quant à la tenue du mariage. Une lettre attribuée au roi et relayée par la presse sud-africaine annonce l’annulation de la cérémonie pour des raisons indépendantes de la volonté de la maison royale. Pourtant, la future épouse, Nomzamo Myeni, a affirmé ne pas être au courant d’une telle annulation et s’attend toujours à se marier comme prévu.
Le site d’information IOL rapporte même que le roi aurait déclaré qu’il aimait Myeni et qu’il « l’épouserait de force » s’il le fallait, une phrase qui a suscité des réactions contrastées en Afrique du Sud.
Un règne marqué par les tensions
Depuis son intronisation en 2022, Misuzulu kaZwelithini enchaîne les controverses. Récemment, il a provoqué une crise en suspendant illégalement le conseil d’administration de l’Ingonyama Trust, une entité qui gère de vastes terres communales au KwaZulu-Natal au nom du peuple Zoulou. Il a également limogé sans préavis des collaborateurs influents, dont son Premier ministre traditionnel, ajoutant aux tensions au sein de la monarchie.
Par ailleurs, sa légitimité même est contestée. Une faction rivale de la famille royale a saisi la justice pour remettre en cause sa reconnaissance officielle comme souverain. Son ascension, précipitée par la mort de son père, le roi Goodwill Zwelithini, en 2021, n’a pas apaisé les luttes de pouvoir au sein de la dynastie Zouloue.
Entre querelles dynastiques, affrontements politiques et litiges conjugaux, le roi Misuzulu doit désormais naviguer entre traditions et modernité pour asseoir son autorité. Mais à mesure que les controverses s’accumulent, son règne semble de plus en plus fragilisé.
La Rédaction

