La SADC ne manque plus de stratégies en matière de santé sexuelle et reproductive. Son défi est désormais de transformer ses engagements en services accessibles, financés et mesurables dans ses États membres. C’est sur cette question que s’est ouverte lundi 31 août à Harare, au Zimbabwe, une réunion régionale consacrée à la stratégie 2019-2030.
Responsables de programmes, spécialistes du suivi-évaluation, experts des ressources humaines et partenaires doivent examiner les progrès accomplis, mais surtout identifier ce qui freine encore leur traduction sur le terrain.
Le temps des stratégies ne suffit plus
Le constat posé à Harare déplace le débat. Il ne s’agit plus seulement de définir des objectifs communs en matière de santé sexuelle et reproductive, mais de savoir qui les finance, qui les met en œuvre et comment leurs résultats sont mesurés.
La SADC veut ainsi renforcer la responsabilité des États, améliorer la qualité des données et disposer d’indicateurs permettant d’identifier plus rapidement les populations qui restent insuffisamment couvertes.
Moins dépendre des financements extérieurs
Cette exigence prend une dimension particulière dans un contexte de recul de certains financements internationaux et de pression sur les budgets publics. La région doit progressivement mieux intégrer ces politiques dans ses propres systèmes sanitaires afin qu’elles ne dépendent pas uniquement des programmes et ressources extérieurs.
Les partenaires internationaux restent essentiels, mais l’enjeu devient aussi celui de la capacité des États d’Afrique australe à financer durablement leurs priorités sanitaires.
2030, désormais à portée de calendrier
À quatre ans de l’échéance fixée par la stratégie régionale, Harare doit donc servir moins à réaffirmer des engagements qu’à mesurer leur exécution. Les États doivent pouvoir déterminer ce qui fonctionne, où persistent les retards et quelles ressources seront nécessaires pour les combler.
Pour la SADC, le véritable indicateur de réussite ne sera finalement pas le nombre d’objectifs adoptés, mais leur traduction dans la vie quotidienne : davantage de personnes effectivement capables d’accéder aux services de santé sexuelle et reproductive auxquels elles ont droit.
La Rédaction
Sources : Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) ; Stratégie SADC pour la santé sexuelle et reproductive et les droits 2019-2030.

