Les récentes projections du Fonds monétaire international (FMI) montrent un bouleversement des économies africaines à l’horizon 2029, marqué par la sortie du Nigeria du trio de tête. Lors des Assemblées annuelles de 2024 à Washington, le FMI et la Banque mondiale ont dévoilé leurs prévisions économiques globales, révélant une reconfiguration des 10 économies les plus puissantes d’Afrique en raison d’importants effets monétaires.
À ce jour, l’Afrique du Sud, l’Égypte, et l’Algérie devraient occuper les trois premières places d’ici 2029. Les dévaluations monétaires, en particulier au Nigeria, en Égypte et en Éthiopie, expliquent une baisse notable de leurs PIB. En 2023, la valeur combinée des économies africaines les plus riches s’élevait à 2 170 milliards de dollars, mais cette richesse est estimée à 1 941 milliards en 2024 avant de remonter à 2 528 milliards en 2029.
Le Nigeria, longtemps leader économique, voit son PIB projeté passer de 476,5 milliards de dollars en 2023 à 269 milliards en 2029, un recul causé par la dévaluation du naira face au dollar. Bien que l’économie nigériane soit en croissance, cette chute souligne l’impact de la fluctuation des devises. De la même manière, l’Égypte et l’Éthiopie subissent les effets de la libéralisation de leurs taux de change, respectivement avec la livre égyptienne et le birr.
L’Afrique du Sud devrait bénéficier d’une croissance soutenue malgré ses difficultés structurelles, tandis que l’Algérie gagne en puissance grâce à une réévaluation de son PIB tenant compte de l’économie informelle. Le Maroc, avec une économie diversifiée, devrait aussi renforcer sa position dans le classement africain. Les autres économies montantes, comme l’Angola, la Côte d’Ivoire, le Kenya et la Tanzanie, tirent parti de leurs ressources naturelles et de secteurs en croissance.
Les variations de PIB entre ces nations doivent être analysées avec précaution, car elles reflètent souvent les fluctuations monétaires plus que les changements structurels réels. Le FMI rappelle également que ses prévisions restent sujettes à des incertitudes économiques et géopolitiques.
En fin de compte, si le PIB permet de mesurer la richesse créée, il ne reflète pas directement le niveau de développement, les inégalités ou l’impact sur l’environnement, éléments cruciaux pour comprendre les avancées sociales et économiques du continent africain.
La Rédaction

