En Afghanistan, la crise humanitaire entre dans une phase particulièrement préoccupante. Alors que les financements internationaux diminuent fortement, les agences des Nations Unies alertent sur une aggravation rapide de la malnutrition infantile. Derrière les chiffres, c’est l’avenir de toute une génération qui se retrouve menacé, dans un pays où la pauvreté, les catastrophes climatiques et les restrictions sociales continuent d’alimenter une crise durable.
Le Programme alimentaire mondial (PAM) tire la sonnette d’alarme. La malnutrition aiguë atteint désormais un niveau critique dans un tiers des provinces afghanes, tandis que douze d’entre elles sont classées en situation d’urgence nutritionnelle.
Cette année, près de 3,7 millions d’enfants devraient souffrir de malnutrition aiguë. Plus de 1,2 million de femmes enceintes ou allaitantes sont également concernées, accentuant le risque de voir la sous-alimentation se transmettre dès les premiers mois de la vie.
Une crise aggravée par le recul de l’aide
Pour les agences humanitaires, la dégradation actuelle ne s’explique pas uniquement par la pauvreté ou les difficultés économiques. Elle résulte aussi de l’effondrement progressif des financements internationaux.
En 2025, 142 centres de santé ont dû fermer faute de ressources, privant plus de 13 000 enfants de traitements nutritionnels essentiels. Cette année encore, près d’un million de mères et d’enfants ont vu leurs soins interrompus pendant plusieurs mois en raison des pénuries de produits nutritionnels et des difficultés d’approvisionnement.
À cette situation s’ajoutent la flambée des prix alimentaires, le chômage persistant, les conséquences des conflits régionaux sur les chaînes logistiques et les effets répétés des sécheresses et des inondations.
Une population épuisée
Le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) décrit une population arrivée à un point d’épuisement.
Dans de nombreuses régions, les familles ne demandent plus seulement une aide alimentaire d’urgence. Elles souhaitent retrouver un emploi, des revenus stables et la possibilité de subvenir elles-mêmes aux besoins de leurs proches.
Les restrictions imposées aux femmes compliquent également la réponse humanitaire. Leur accès limité à l’éducation, au travail et aux soins réduit les capacités d’intervention auprès des mères et des enfants, pourtant les plus exposés aux conséquences de la crise.
Prévenir une catastrophe durable
Le PAM estime avoir besoin de 540 millions de dollars au cours des six prochains mois afin de poursuivre ses opérations en Afghanistan.
Pour les Nations Unies, l’enjeu dépasse désormais la réponse à une urgence alimentaire. Il s’agit d’éviter qu’une génération entière ne grandisse marquée par la malnutrition, les retards de développement et les conséquences durables de la faim.
Au-delà de l’aide immédiate, les agences humanitaires rappellent que seule une amélioration durable des conditions de vie, de l’accès aux services essentiels et des moyens de subsistance permettra de rompre le cycle de la dépendance et de redonner des perspectives aux familles afghanes.
La Rédaction
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