Depuis la prise de pouvoir des talibans en 2021, les droits des femmes en Afghanistan continuent de se réduire de manière progressive. Une nouvelle mesure pourrait bientôt priver les Afghanes de l’accès aux écoles de formation d’infirmières et de sages-femmes, ce qui risque d’aggraver une pénurie déjà criante dans ces secteurs essentiels.
Exclues des universités depuis deux ans, les Afghanes pourraient désormais se voir interdire l’accès aux instituts de formation en santé. Bien qu’aucune circulaire officielle n’ait été publiée, plusieurs sources proches du ministère de la Santé ont révélé qu’un ordre avait été transmis aux directeurs d’établissements lors d’une réunion. Ces derniers ont été informés qu’il était désormais interdit aux femmes de fréquenter ces écoles, sur ordre du guide suprême taliban, Hibatullah Akhundzada. Aucune explication n’a été fournie à cet égard.
Les responsables des écoles ont été informés de cette décision, qui entrera en vigueur dans un délai de dix jours, ce qui pourrait entraîner des perturbations majeures dans le système de santé. Ces mesures viennent aggraver une pénurie de personnel médical et paramédical qui touche déjà le pays. Actuellement, 35 000 étudiantes suivent des formations dans plus de 150 établissements privés et une dizaine d’écoles publiques.
Cette décision est perçue comme un immense choc par les étudiantes et enseignantes. Aïcha, 28 ans, enseignante en maïeutique, exprime sa désolation après avoir reçu une notification de congés pour le personnel sans explication supplémentaire. « C’était la seule source d’espoir pour les filles exclues des universités. Avec cette interdiction, elles perdent toute motivation et espoir », déplore-t-elle.
La situation des femmes afghanes s’aggrave sous le régime des talibans, qui ont imposé des restrictions sévères, notamment l’interdiction de l’éducation des filles après le primaire, faisant de l’Afghanistan le seul pays au monde à appliquer une telle mesure. La communauté internationale, à travers des personnalités comme Robert Dickson, chargé d’affaires britannique pour l’Afghanistan, a condamné ces nouvelles restrictions, dénonçant une atteinte supplémentaire aux droits des femmes et l’accès aux soins pour la population.
La Rédaction

