L’Alliance des États du Sahel (AES) et la Cédéao amorcent une nouvelle étape dans leurs relations. À Dakar, les deux organisations ont engagé des négociations pour définir les bases d’une future coopération régionale, malgré la séparation institutionnelle consécutive au retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger.
Une rencontre au niveau ministériel
Les discussions organisées dans la capitale sénégalaise ont réuni deux délégations conduites par Cheikh Niang, ministre sénégalais des Affaires étrangères et président du Conseil des ministres de la Cédéao, et Karamoko Jean-Marie Traoré, chef de la diplomatie burkinabè et président du comité ministériel de pilotage de l’AES.
Cette rencontre prolonge les consultations engagées entre les deux parties, notamment à Bamako en mai 2025. Elle constitue une nouvelle étape diplomatique dans la recherche de relations organisées entre les deux ensembles.
Des intérêts régionaux qui demeurent
Malgré la rupture politique, les interdépendances économiques, humaines et sécuritaires restent importantes. La libre circulation des personnes, les échanges commerciaux, la coopération transfrontalière et la lutte contre le terrorisme figurent parmi les domaines susceptibles de structurer les futures relations.
La Cédéao avait préparé un projet d’accord-cadre couvrant 18 domaines prioritaires regroupés en cinq pôles. Ce document constitue toutefois une base de négociation, et non un engagement déjà accepté par l’AES.
Un mécanisme de négociation annoncé
À l’issue des échanges, les deux délégations ont convenu de mettre en place des groupes de travail thématiques conjoints. Leur mission consiste à examiner les dossiers de coopération et à préparer les éléments d’un éventuel accord-cadre.
Les conclusions de ces travaux doivent être soumises aux ministres lors d’une prochaine session. Le calendrier de cette nouvelle rencontre reste à préciser. Aucun dispositif sécuritaire commun ni aucune nouvelle mesure immédiatement applicable aux frontières n’ont été annoncés à Dakar.
Coopérer sans revenir à l’ancienne architecture
La portée politique de cette initiative réside dans la recherche d’une relation organisée entre deux ensembles institutionnellement distincts. Pour l’AES, le dialogue ouvre la possibilité de préserver des coopérations régionales sans renoncer à son autonomie. Pour la Cédéao, il offre un cadre de concertation avec trois États qui restent étroitement liés à l’espace ouest-africain.
Cette perspective ne signifie ni réintégration ni réconciliation définitive. Elle laisse entrevoir une coopération pragmatique, dont la portée dépendra des engagements négociés et de leur application.
L’enjeu sera désormais de transformer cette ouverture diplomatique en mécanismes concrets, capables de répondre aux besoins des populations et aux défis communs de l’Afrique de l’Ouest.
La Rédaction

