Le Botswana est devenu le dernier pays africain à tirer la sonnette d’alarme face à un phénomène qui prend de l’ampleur sur le continent : le recrutement de ressortissants africains pour combattre aux côtés de la Russie en Ukraine. Les autorités dénoncent des réseaux qui utilisent de fausses offres d’emploi ou de formation pour attirer des candidats avant de les envoyer sur le front.
Le Botswana alerte sur une hausse des recrutements
Le gouvernement botswanais affirme constater une augmentation préoccupante des cas impliquant ses citoyens. Selon le ministère des Relations internationales, plusieurs Botswanais déployés en Ukraine ont contacté les autorités pour signaler les conditions particulièrement dangereuses dans lesquelles ils combattent et demander de l’aide.
Sans avancer de chiffres précis, Gaborone évoque une progression « alarmante » de ces recrutements. Les autorités rappellent qu’au moins deux jeunes Botswanais avaient déjà été identifiés, fin 2025, comme victimes de ce type de recrutement après avoir répondu à des propositions présentées comme des opportunités professionnelles.
Face à cette situation, le gouvernement appelle désormais la population à faire preuve de la plus grande vigilance face aux offres d’emploi ou de formation à l’étranger dont l’origine ou les conditions ne peuvent être clairement vérifiées.
Un phénomène qui s’étend à plusieurs pays africains
Le Botswana n’est pas un cas isolé. Selon le collectif All Eyes on Wagner, plus de 1 400 Africains auraient été recrutés entre janvier 2023 et septembre 2025 pour rejoindre les forces russes engagées dans la guerre en Ukraine. Plus de 300 d’entre eux auraient trouvé la mort sur le champ de bataille.
L’organisation estime que ces recrutements reposent sur des réseaux transnationaux ciblant principalement de jeunes Africains confrontés au chômage ou à la précarité économique. Les candidats seraient attirés par des promesses d’emplois bien rémunérés, de formations ou de contrats de sécurité avant d’être redirigés vers des unités combattantes.
Les gouvernements africains réagissent
Plusieurs États ont commencé à prendre des mesures pour tenter d’enrayer ce phénomène.
Le Kenya affirme avoir obtenu de Moscou l’engagement de mettre un terme au recrutement de ses ressortissants. De son côté, le Ghana estime que 272 de ses citoyens ont été attirés dans ce dispositif et annonce vouloir démanteler les réseaux criminels responsables de ces recrutements. Le Cameroun ainsi que plusieurs pays d’Afrique australe ont également signalé des situations similaires.
Ces alertes successives montrent que le phénomène dépasse désormais des cas isolés et constitue une préoccupation croissante pour plusieurs gouvernements africains.
Une nouvelle dimension de la guerre
Au-delà des combats sur le terrain, la guerre en Ukraine s’étend désormais aux circuits internationaux de recrutement. Les difficultés économiques rencontrées par une partie de la jeunesse africaine offrent un terrain favorable aux réseaux qui promettent un emploi ou une formation avant d’impliquer leurs recrues dans un conflit armé.
Cette évolution soulève également des questions sur la protection des migrants, la lutte contre les filières de recrutement illégal et la coopération entre les États africains pour identifier et démanteler ces réseaux.
Pour les autorités botswanaises, la priorité est désormais d’empêcher que d’autres citoyens ne tombent dans ces pièges en renforçant la sensibilisation et en invitant toute personne sollicitée pour un emploi à l’étranger à vérifier systématiquement la crédibilité des recruteurs.
La Rédaction

