En 2023-2024, l’Initiative de la Grande Muraille Verte au Sahel affiche un bilan mitigé, malgré certains progrès notables. Lancée en 2007, cette initiative vise à lutter contre la désertification et à restaurer les terres dégradées sur une bande de 8 000 kilomètres, s’étendant du Sénégal à Djibouti.
Les avancées ont été plus lentes que prévu, avec seulement 15 % des objectifs initiaux atteints à ce jour.
L’Union africaine (UA) a décidé d’étendre le projet de la Grande muraille verte à l’Afrique australe, en raison des défis sécuritaires rencontrés dans les autres sous-régions.
La vision a été réorientée en 2013 vers un vaste programme de gestion durable des écosystèmes et d’amélioration des conditions de vie des populations rurales touchées par la dégradation des terres.
L’objectif est notamment de restaurer 100 millions d’hectares de terres, de capter et stocker 250 millions de tonnes de CO2 par la végétation d’ici 2030, et de créer 10 millions d’emplois dans les zones rurales tout en contribuant à la sécurité alimentaire dans l’une des régions du monde les plus touchées par la malnutrition.

Les financements restent un défi majeur. Lors du One Planet Summit en 2021, l’initiative a reçu des promesses de financement de 14 milliards de dollars sur dix ans, impliquant divers partenaires internationaux. Ce soutien est crucial pour intensifier les efforts de restauration, créer des emplois verts, et renforcer la résilience et la biodiversité dans la région.
Des organisations comme Tree Aid ont contribué de manière significative en plantant près de 28 millions d’arbres et en restaurant plus de 167 000 hectares de terres dégradées. Ces efforts incluent des projets de compensation carbone en collaboration avec le (CIO) Comité international olympique, visant à piéger des tonnes de CO2 tout en générant des revenus pour les communautés locales.

Les progrès sont lents sur la grande muraille verte en Afrique, mais des lueurs d’espoir sont visibles.
Le Sénégal est le pays qui a connu le plus de succès grâce à une approche communautaire où les terres appartiennent aux populations locales. Cela a permis de créer plus de 1 000 emplois et d’améliorer l’attractivité des zones concernées, réduisant ainsi l’exode rural

Le changement climatique, les migrations, le manque de financements et les conflits ont entravé les efforts de plantation d’arbres dans les zones initialement prévues, les défis persistants rendent la réalisation complète de la Grande Muraille Verte complexe.

Mais les technologies modernes et les mécanismes de financement innovants offrent de nouvelles possibilités dans de nouvelles zones», a indiqué Elvis Paul Tangem, le coordinateur de cette initiative de restauration écologique et de lutte contre l’insécurité alimentaire en Afrique subsaharienne, cité par l’agence ecofin.
Selon lui, il est désormais presque impossible de continuer à planter des arbres et de restaurer les terres dégradées au Mali, au Burkina Faso, au Niger, au Tchad, au Nigeria, en Érythrée et dans le nord du Cameroun à cause de l’insécurité et de la réaffectation des fonds à l’aide humanitaire.
Néanmoins, le projet continue d’évoluer vers un modèle plus holistique de développement durable, intégrant l’agroforesterie, l’irrigation et d’autres initiatives pour améliorer les conditions de vie locales.

En somme, bien que le bilan 2023-2024 révèle des progrès limités par rapport aux objectifs ambitieux, l’Initiative de la Grande Muraille Verte reste une entreprise essentielle pour le développement durable et la lutte contre les effets du changement climatique dans la région sahélienne.
La Rédaction
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