Le sommet Russie-Afrique entre dans sa dernière journée, jeudi 29 octobre à Moscou, avec une perspective économique particulière pour le Togo. La Russie envisage de faire du port de Lomé une plateforme d’acheminement de marchandises, notamment énergétiques, vers le Burkina Faso et le Niger. Encore à l’étude, ce corridor pourrait renforcer la position togolaise dans les échanges entre l’Afrique de l’Ouest et les marchés internationaux.
Moscou cherche un accès aux marchés sahéliens
Le projet dépasse le cadre des relations commerciales bilatérales. En privilégiant Lomé, Moscou cherche à organiser une chaîne logistique reliant ses entreprises aux marchés des pays enclavés du Sahel, avec la possibilité d’étendre progressivement cet itinéraire à d’autres destinations ouest-africaines.
Selon l’ambassadeur russe Igor Evdokimov, les premières discussions ont conforté l’intérêt du port togolais pour desservir le Burkina Faso et le Niger. Les marchandises envisagées comprennent des conteneurs et du gaz naturel liquéfié (GNL), dont l’acheminement exige des dispositifs logistiques adaptés.
Le groupe maritime russe FESCO figure parmi les entreprises associées aux réflexions sur l’organisation de ces nouvelles liaisons.
Un avantage économique à concrétiser
Pour le Togo, cette perspective s’appuie sur un atout existant : le port de Lomé constitue déjà une importante plateforme de transit vers les États sahéliens. L’arrivée de nouveaux flux pourrait diversifier ses activités et soutenir les entreprises intervenant dans la manutention, le transport et la logistique.
Mais la compétitivité d’un corridor ne dépend pas uniquement de son débouché maritime. Les coûts de passage, les formalités douanières, la fluidité des routes et la sécurité des acheminements détermineront largement son attractivité.
À ce stade, les informations publiques ne précisent ni les investissements nécessaires, ni les volumes attendus, ni un calendrier opérationnel.
Le rendez-vous de Moscou comme prolongement
La participation de Faure Gnassingbé au sommet des 28 et 29 octobre intervient quelques semaines après la première commission intergouvernementale russo-togolaise, organisée à Lomé. Les transports, l’énergie et les investissements figurent parmi les domaines de coopération examinés.
Pour Lomé, l’enjeu dépasse l’obtention de nouvelles cargaisons. Il s’agit de consolider sa fonction de plateforme régionale tout en recherchant des retombées économiques durables. La portée du projet dépendra désormais de sa transformation en engagements financiers et logistiques précis.
La Rédaction

