Le meurtre d’un ressortissant étranger à Durban relance le débat sur l’impunité des violences xénophobes en Afrique du Sud. La Commission africaine des droits de l’homme et des peuples demande désormais aux autorités de reconnaître l’ampleur de la crise et d’engager une réponse nationale. Au-delà de l’enquête criminelle, c’est la protection des étrangers qui est en jeu.
En Afrique du Sud, la multiplication des violences contre les ressortissants étrangers suscite une réaction de plus en plus ferme des institutions africaines. Après la mort d’un homme agressé le 22 octobre dans le centre de Durban, la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) a appelé Pretoria à traiter les attaques xénophobes comme une crise nationale nécessitant une intervention des plus hautes autorités.
Cette prise de position traduit une préoccupation majeure : empêcher que la répétition des agressions ne banalise une justice exercée par des foules, en dehors de toute procédure légale.
Un meurtre qui relance la question de l’impunité
Selon la police sud-africaine, la victime a été battue à mort par un groupe d’environ cinquante personnes, en marge d’une manifestation. Sa nationalité n’a pas été précisée et le mobile exact reste à établir.
Cinq personnes ont été interpellées pour être interrogées dans le cadre des investigations sur plusieurs agressions contre des étrangers à Durban.
La Commission africaine réclame une enquête rapide, indépendante et approfondie, suivie de poursuites contre les responsables. Elle évoque même la possibilité d’une qualification de crime contre l’humanité, sans qu’une juridiction ait établi cette qualification.
L’immigration devenue un foyer de confrontation
Depuis plusieurs mois, les mobilisations contre l’immigration irrégulière se multiplient dans plusieurs villes sud-africaines. Certaines ont dégénéré en pillages, destructions de commerces et agressions.
Dans un contexte de chômage élevé et de compétition pour les ressources économiques, les étrangers deviennent régulièrement la cible d’accusations collectives. Ces difficultés sociales ne sauraient toutefois justifier des violences.
Une responsabilité qui dépasse les tribunaux
L’Union africaine rappelle que l’État doit protéger toutes les personnes présentes sur son territoire, quelle que soit leur nationalité ou leur situation administrative.
Pour Pretoria, le défi consiste désormais à empêcher de nouvelles agressions, poursuivre leurs auteurs et traiter les préoccupations liées à l’immigration dans le respect du droit.
À Durban, la réponse judiciaire sera déterminante. Mais l’enjeu national reste de mettre fin à un cycle de violences qui fragilise la cohésion sociale et les relations avec les autres pays africains.
La Rédaction

