Le port de Dakar s’impose comme un pilier central du commerce ouest-africain. Dans un contexte régional marqué par des enjeux logistiques et sécuritaires complexes, la levée des obstacles ralentissant le transit des conteneurs maliens témoigne de l’importance stratégique de ce hub pour l’économie du Sénégal et celle de ses voisins. Vendredi, le président de la République du Sénégal a rencontré Madina Sissoko Dembélé, ministre des Transports et des Infrastructures du Mali, pour sceller cette avancée et renforcer la coopération bilatérale.
Lors de cette audience, la ministre malienne a transmis les remerciements officiels du gouvernement et du peuple maliens pour les mesures ayant fluidifié le transit des marchandises en direction de Bamako. Le Mali demeure le premier client du Sénégal, représentant 20,1 % des parts de marché en septembre 2025, pour un volume d’achats de 84,4 milliards FCFA (150 millions USD), selon l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD).
Les données commerciales soulignent la dynamique de ces échanges : les exportations sénégalaises vers le Mali ont enregistré une hausse de 31,6 % en septembre 2025 par rapport au mois précédent. Sur les neuf premiers mois de l’année, elles atteignent 662 milliards FCFA (1,17 milliard USD), soit une progression de 7,8 % par rapport à la même période en 2024. L’excédent commercial sénégalais vers Bamako s’établit à 84,3 milliards FCFA (149 millions USD), en augmentation de 31,5 %, confirmant la solidité de la balance commerciale entre les deux pays.
Le Mali, pays enclavé, dépend entièrement de ports voisins pour ses importations et exportations. Le ciment sénégalais y représente près de 80 % des exportations vers Bamako, tandis que les dérivés pétroliers, conserves de poisson, préparations alimentaires et biens manufacturés complètent le flux commercial. Pour Dakar, la fluidité retrouvée dans le transit de ces conteneurs consolide son rôle de plateforme logistique incontournable en Afrique de l’Ouest.
Cette avancée intervient dans un contexte géopolitique sensible. La sortie du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la Cédéao, le 29 janvier 2025, n’a pas réduit le rôle intégrateur de l’UEMOA, qui continue de faciliter les échanges dans la sous-région. La coordination entre le Sénégal et le Mali montre qu’une diplomatie économique proactive peut compenser certaines tensions politiques et sécuritaires tout en assurant la continuité des flux commerciaux.
Au-delà des chiffres et des opérations portuaires, cette décision souligne le positionnement stratégique du Sénégal. Dakar ne se contente pas de traiter des conteneurs : il agit comme un moteur économique et un vecteur de stabilité pour la sous-région, consolidant la résilience des échanges face aux défis sécuritaires et géopolitiques. Pour les entreprises et les consommateurs, cette fluidité retrouvée se traduit par une disponibilité accrue des produits et un commerce régional plus dynamique.
La Rédaction

