Le Nigeria et les États-Unis ont ouvert à New York un nouveau cadre de coopération destiné à stimuler les investissements dans le secteur minier nigérian. Avec un potentiel minéral évalué par Abuja à près de 700 milliards de dollars, environ 385 000 milliards de FCFA, le pays entend profiter de l’intérêt croissant pour les minerais critiques pour attirer des capitaux, mais surtout développer leur transformation sur son territoire.
Lithium, or, étain, minerai de fer ou encore phosphate : le sous-sol nigérian constitue l’un des leviers sur lesquels Abuja veut s’appuyer pour diversifier une économie encore fortement dépendante des hydrocarbures. La demande mondiale pour certains de ces minerais, indispensables aux batteries, aux technologies numériques et à différentes industries stratégiques, offre au pays une nouvelle fenêtre d’opportunité.
C’est dans ce contexte que le ministre nigérian du Développement des ressources minérales solides, Dele Alake, et le secrétaire d’État adjoint américain Christopher Landau ont signé à New York un accord-cadre couvrant notamment l’exploration et les données géologiques, l’exploitation et la transformation des minerais, les infrastructures ainsi que le développement des capacités techniques.
Attirer les capitaux sans exporter toute la valeur
L’accord doit faciliter les relations entre entreprises américaines et nigérianes et préparer de futurs investissements. Son enjeu dépasse cependant l’augmentation de la production minière. Abuja veut profiter de l’intérêt international pour son sous-sol afin de déplacer progressivement une plus grande partie de la chaîne de valeur vers le Nigeria.
La transformation locale occupe ainsi une place centrale dans la stratégie défendue par Dele Alake. Le gouvernement veut attirer non seulement des entreprises capables d’extraire les minerais, mais aussi des investissements industriels susceptibles de créer des emplois qualifiés, de développer des compétences techniques et d’ouvrir davantage de débouchés aux entreprises nigérianes.
Cette orientation commence à prendre forme. Les autorités mettent notamment en avant une raffinerie d’or opérationnelle à Lagos, d’autres projets de raffinage ainsi qu’une usine de transformation du lithium de 600 millions de dollars, environ 330 milliards de FCFA, dans l’État de Nasarawa.
Les minerais critiques au cœur d’une nouvelle compétition
Pour les États-Unis, le rapprochement avec le Nigeria s’inscrit dans une recherche plus large de chaînes d’approvisionnement en minerais critiques plus diversifiées et résilientes. L’essor des véhicules électriques, du stockage de l’énergie et de nombreuses technologies accroît l’importance stratégique de ressources comme le lithium.
Le Nigeria peut tirer parti de cette compétition internationale, à condition de convertir son potentiel géologique en capacité industrielle. Le pays cherche ainsi à ne pas reproduire un modèle dans lequel la matière première quitte le continent avant que les étapes les plus rémunératrices de sa transformation soient réalisées.
Cette ambition intervient au moment où la question dépasse les seules relations entre Abuja et Washington. Le Nigeria figure également parmi six pays d’Afrique et d’Asie retenus dans une initiative des Nations unies destinée à aider les États riches en minerais critiques à conserver davantage de valeur issue de leurs ressources.
Le véritable test commence après la signature
L’accord de New York ouvre donc une possibilité plutôt qu’il ne garantit des investissements immédiats. Les deux pays devront désormais identifier les projets commercialement viables, mobiliser les capitaux et construire les partenariats industriels capables de donner une traduction concrète à cette coopération.
Pour Abuja, le résultat se mesurera moins à la valeur théorique des minerais enfouis dans son sous-sol qu’à ce qui sera effectivement construit au-dessus : unités de transformation, infrastructures, compétences, entreprises locales et emplois.
Le Nigeria dispose des ressources recherchées par les nouvelles industries mondiales. Son défi consiste désormais à utiliser cette position pour que la valeur de ses minerais ne commence pas seulement dans ses mines, mais reste davantage dans son économie.
La Rédaction
Sources : Gouvernement fédéral du Nigeria ; ministère nigérian du Développement des ressources minérales solides.

