Le Maroc veut retrouver le Conseil de sécurité des Nations unies pour la période 2028-2029. Déjà membre non permanent à trois reprises, le Royaume vise un quatrième mandat et engage une bataille diplomatique qui se jouera d’abord sur le terrain africain avant de parvenir à l’Assemblée générale de l’ONU.
Quinze ans après son dernier passage au Conseil de sécurité, le Maroc veut retrouver la table où sont discutées les principales crises internationales. Rabat est désormais officiellement candidat à un siège de membre non permanent pour la période 2028-2029, une ambition confirmée à New York par son ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita.
Pour le Royaume, il ne s’agirait pas d’une première. Le Maroc a déjà siégé au Conseil en 1963-1964, 1992-1993 puis 2012-2013. Une victoire lui offrirait donc un quatrième mandat, après une absence de quinze ans.
Un quatrième mandat à conquérir
Le Conseil de sécurité compte quinze membres : cinq permanents disposant du droit de veto et dix membres non permanents élus pour deux ans. Ces derniers sont renouvelés par moitié chaque année selon une répartition géographique destinée à assurer la représentation des différentes régions du monde.
La candidature marocaine s’inscrit ainsi dans un processus où l’appui africain constitue une étape diplomatique majeure. Le Royaume travaille depuis plusieurs années à obtenir des soutiens pour l’échéance 2028-2029. Dès 2021, sa diplomatie avait commencé à promouvoir cette candidature auprès de partenaires du continent.
L’annonce officielle ne vaut donc pas élection. Les membres non permanents sont élus par l’Assemblée générale des Nations unies, où chacun des 193 États membres dispose d’une voix.
L’Afrique au centre de la stratégie
Pour Rabat, cette candidature intervient alors que sa présence diplomatique en Afrique s’est considérablement renforcée depuis son retour au sein de l’Union africaine en 2017. Les partenariats bilatéraux constituent désormais un levier important de sa stratégie multilatérale.
Le Maroc présente sa candidature comme le prolongement de son engagement dans le maintien de la paix, le développement durable et la défense du multilatéralisme. Nasser Bourita met également en avant le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États.
Mais l’enjeu dépasse la seule diplomatie marocaine. L’Afrique continue de réclamer une réforme profonde du Conseil de sécurité. En mai 2026, l’Union africaine a réaffirmé sa revendication d’au moins deux sièges permanents pour le continent et de cinq sièges non permanents dans un Conseil élargi, conformément au Consensus d’Ezulwini et à la Déclaration de Syrte.
Une place stratégique pour Rabat
Si le Maroc parvient à retrouver le Conseil, son mandat interviendra dans une période où plusieurs dossiers touchant directement l’Afrique occupent régulièrement l’agenda sécuritaire international : conflits armés, terrorisme, opérations de paix et instabilité au Sahel notamment.
Le siège revêt également une importance particulière pour Rabat en raison du dossier du Sahara occidental, régulièrement examiné par le Conseil de sécurité. Cette proximité rend la candidature marocaine stratégiquement sensible, même si un membre non permanent ne dispose pas du droit de veto.
La bataille ne se résumera donc pas au vote final à New York. Pour revenir au Conseil quinze ans après son dernier mandat, le Maroc devra d’abord transformer son réseau diplomatique, notamment africain, en soutiens effectifs à sa candidature.
La Rédaction
Sources : Nations unies ; Conseil de sécurité des Nations unies ; Union africaine ; déclarations de Nasser Bourita.

