France – Tout commence par une vieille pierre dans un cimetière du Lot. En décembre 2022, Tony Neulat découvre à Beauregard une tombe portant une inscription en latin et une date remontant à 1626. Intrigué, ce passionné de généalogie entreprend de retrouver l’identité de la défunte. Plusieurs années de recherches plus tard, son enquête aboutit à une découverte inattendue : cette femme est son ancêtre et une grande partie des habitants du village descend également d’elle.
Une tombe de 1626 au milieu du cimetière
Le 27 décembre 2022, après un repas de Noël, une cousine de Tony Neulat lui signale l’existence de cette sépulture ancienne. La pierre, remarquablement conservée malgré ses quatre siècles, porte le nom de Jeanne Delmas.
Tony Neulat se plonge alors dans les registres paroissiaux, les archives départementales et les actes anciens. Il reconstitue progressivement la vie de cette femme, morte à Beauregard le 10 septembre 1626.
Jeanne Delmas venait d’une famille aisée de marchands et avait épousé Antoine Martin, notaire du village. Le couple comptait parmi les familles les plus fortunées de Beauregard et possédait environ 12 % des terres de la commune.
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Neuf enfants et près de 5 000 descendants
Un élément va considérablement élargir l’enquête : Jeanne Delmas a eu neuf enfants et tous ont atteint l’âge adulte, une situation particulièrement favorable à l’expansion de sa descendance à une époque marquée par une forte mortalité infantile.
Tony Neulat commence donc à remonter puis à redescendre les différentes branches familiales. Au terme de ce travail généalogique, il recense près de 5 000 descendants de Jeanne Delmas.
Et l’enquête devient personnelle. Il découvre qu’il appartient lui-même à cette famille, treize générations plus tard. Plus étonnant encore, plusieurs branches de son propre arbre généalogique remontent jusqu’à cette même femme.
63 % du village en 1926
Le généalogiste décide alors de mesurer l’empreinte de Jeanne Delmas sur l’ensemble de Beauregard. Pour disposer d’une population clairement identifiable, il s’appuie notamment sur le recensement de 1926, lorsque la commune comptait environ 500 habitants.
Son calcul aboutit à une proportion spectaculaire : 63 % des habitants recensés cette année-là descendaient de Jeanne Delmas. Parmi les personnes nées directement à Beauregard, la proportion atteignait même 77 %.
Ces chiffres s’expliquent notamment par la faible mobilité des populations rurales durant plusieurs générations et par l’installation des neuf enfants de Jeanne Delmas et de leurs descendants dans les paroisses environnantes.
Une pierre tombale devenue arbre généalogique
Beauregard compte aujourd’hui environ 240 habitants, mais l’enquête ne permet pas d’affirmer que 63 % de sa population actuelle appartient toujours à cette descendance. Le chiffre concerne bien la population recensée un siècle plus tôt.
Cela n’enlève rien à l’étonnante découverte de Tony Neulat. Une pierre tombale aperçue presque par hasard lui aura permis de reconstituer quatre siècles d’histoire familiale et de révéler les liens invisibles unissant une grande partie d’un village.
Jeanne Delmas, morte en 1626, avait neuf enfants. Quatre cents ans plus tard, il fallait encore plusieurs années de recherches pour mesurer jusqu’où leur descendance était allée.
La Rédaction

