La flamme désormais au Palais de la République, le Sénégal entre dans les dernières semaines d’une attente longue de plus d’un siècle : accueillir le premier événement olympique jamais organisé en Afrique. Dans cette histoire continentale s’en écrira une autre, celle de six jeunes réfugiés appelés à former, à Dakar, la toute première équipe de réfugiés des Jeux olympiques de la jeunesse.
Lorsque Bassirou Diomaye Faye a reçu samedi la flamme olympique au Palais de la République, le symbole dépassait largement les frontières sénégalaises. Du 31 octobre au 13 novembre, Dakar 2026 fera entrer l’Afrique dans une histoire olympique dont elle a longtemps été l’une des grandes pourvoyeuses de champions sans jamais en avoir été la terre d’accueil.
« Le monde nous a fait confiance, il nous a confié ce qu’aucun pays africain n’a reçu en plus de 100 ans », a déclaré le président sénégalais. Environ 2 700 jeunes athlètes représentant 206 Comités nationaux olympiques sont attendus à Dakar, Diamniadio et Saly. La compétition comprendra 153 épreuves dans une vingtaine de sports et disciplines.
Une flamme pour faire entrer tout le Sénégal dans les Jeux
Après le Palais présidentiel, la flamme doit parcourir les 14 régions du pays. L’objectif dépasse la promotion d’une compétition sportive concentrée autour de Dakar. À quelques semaines de l’ouverture, ce relais doit installer les Jeux dans l’espace national et associer la population à un événement dont la portée internationale constitue aussi un défi d’organisation et d’image pour le Sénégal.
Bassirou Diomaye Faye a insisté sur cette dimension en appelant les Sénégalais à montrer leur hospitalité et leur culture. « Cette flamme dit que l’Afrique ne regarde plus, que l’Afrique reçoit », a-t-il résumé. Le 31 octobre, elle servira à allumer la vasque lors de la cérémonie d’ouverture au stade Abdoulaye-Wade de Diamniadio.
Cette formule prend un relief particulier sur un continent dont les athlètes, notamment ceux d’Afrique de l’Est, ont profondément marqué l’histoire olympique. Dakar 2026 inverse pour la première fois la géographie du rendez-vous : ce sont désormais les délégations du monde qui se déplacent vers l’Afrique.
Six jeunes réfugiés dans cette histoire
Mais les Jeux de Dakar porteront une autre première. Six jeunes réfugiés vivant au Kenya et en Ouganda participeront à la toute première équipe olympique de jeunes réfugiés engagée aux JOJ. Ils concourront en athlétisme, en judo et en taekwondo, avec le soutien notamment du Comité international olympique, de la Fondation olympique pour les réfugiés et du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.
Le choix de leur chef de mission donne une profondeur particulière à cette participation. Yiech Pur Biel a fui la guerre au Soudan du Sud en 2005 avant de grandir dans le camp de Kakuma, au Kenya. Devenu athlète, il a intégré la première Équipe olympique des réfugiés aux Jeux de Rio en 2016, puis participé à ceux de Tokyo. À Dakar, il accompagnera désormais une nouvelle génération. L’équipe bénéficiera également du mentorat du champion kényan Eliud Kipchoge.
Leur présence intervient alors que le déplacement forcé frappe massivement la jeunesse africaine. Selon le HCR, plus de 39 millions de personnes étaient déplacées de force en Afrique subsaharienne à la fin de 2025. En Afrique de l’Ouest et du Centre, plus de 10 millions d’enfants déplacés de force ont moins de 17 ans.
L’Afrique, cette fois au centre
C’est cette double dimension qui donne aux Jeux de Dakar une portée dépassant le sport. Le Sénégal devra réussir l’organisation du premier rendez-vous olympique du continent, mais aussi donner corps à la promesse d’un événement véritablement africain. Le CIO accorde notamment une attention particulière à la participation des 54 Comités nationaux olympiques du continent.
La flamme qui traverse désormais le Sénégal et les six jeunes réfugiés qui se préparent au Kenya et en Ouganda racontent ainsi deux trajectoires appelées à se rejoindre à Dakar. Après avoir fourni au mouvement olympique des générations d’athlètes et de champions, l’Afrique ne sera plus seulement représentée sur la piste ou les podiums. Pour la première fois, elle sera aussi le lieu où l’histoire olympique s’écrit.
La Rédaction
Sources : Comité d’organisation des JOJ Dakar 2026 ; Comité international olympique ; Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.

