Plus de 2,65 milliards de FCFA investis depuis 2019, une centaine d’organisations directement soutenues et des activités allant de l’agroforesterie à la transformation locale : au moment où le programme Mécanisme Forêts et Paysans (FFF) arrive à une étape charnière au Togo, la question n’est plus seulement celle des moyens mobilisés. Elle porte désormais sur la capacité des organisations bénéficiaires à faire durer les acquis.
Mis en œuvre par la FAO, le FFF est parti d’un principe : préserver les forêts et restaurer les paysages ne peut fonctionner durablement sans associer les populations qui tirent une partie de leurs revenus de ces territoires.
L’intervention a donc combiné protection des ressources naturelles et développement économique. Agroécologie, agroforesterie, restauration des terres, transformation de produits agricoles et forestiers ou accès aux marchés ont constitué autant de leviers pour réduire l’opposition entre conservation et revenus ruraux.
Plus de 100 organisations directement soutenues
Depuis 2019, la FAO indique avoir engagé plus de 4,65 millions de dollars au Togo, soit plus de 2,65 milliards de FCFA. Ces ressources ont notamment permis d’accorder des financements directs à plus d’une centaine d’organisations de producteurs forestiers et agricoles.
Pour la dernière vague du programme, près de 176 millions de FCFA ont été mobilisés à travers onze subventions directes et trois protocoles d’accord. Une large majorité de cette enveloppe, 84 %, est destinée aux investissements matériels et à la restauration des paysages.
Mais l’un des résultats recherchés est moins visible qu’un équipement ou qu’une parcelle restaurée : renforcer suffisamment les organisations locales pour qu’elles puissent défendre leurs intérêts, développer leurs activités et participer aux décisions concernant leurs territoires.
Le véritable test commence après le financement
La Coordination togolaise des organisations paysannes et de producteurs agricoles (CTOP) estime que le programme a notamment renforcé la présence des producteurs dans les discussions portant sur le foncier, les forêts, l’agriculture familiale, l’agroécologie et la restauration des paysages.
C’est précisément cette autonomie qui constitue désormais le principal indicateur de réussite.
Réunis les 19 et 20 août à Lomé, les bénéficiaires et partenaires dressent le bilan des expériences conduites et des difficultés rencontrées afin d’alimenter le rapport 2026 du programme.
Au terme de sept années d’accompagnement, l’enjeu dépasse cependant le bilan financier. La réussite du FFF se mesurera surtout à ce qui continuera d’exister lorsque les subventions auront cessé : des organisations capables de générer des revenus, de gérer leurs ressources et de peser elles-mêmes sur l’avenir de leurs territoires.
La Rédaction

