Ils fréquentent l’école, vivent au sein de leur communauté et grandissent sous le regard de leurs proches, mais restent absents des registres de l’État. Une nouvelle campagne nationale de rattrapage doit permettre à plusieurs milliers d’enfants vulnérables d’obtenir un acte de naissance et d’accéder pleinement aux droits attachés à leur citoyenneté.
Ne pas disposer d’un acte de naissance ne relève pas d’un simple retard administratif. Pour un enfant, cette absence peut devenir un obstacle à l’inscription aux examens, à la poursuite de la scolarité, à l’accès aux soins, à la protection sociale ou, plus tard, à l’obtention d’une pièce d’identité.
Le gouvernement togolais cherche à corriger cette exclusion à travers la deuxième campagne nationale de rattrapage des enregistrements de naissances, conduite par le ministère chargé de l’Administration territoriale avec l’appui de l’Organisation internationale de la Francophonie.
Réparer une absence qui fragilise tout un parcours
La campagne cible 6 461 enfants scolarisés et vulnérables qui ne disposent pas encore d’une existence juridique officiellement reconnue.
Pour ces bénéficiaires, l’établissement d’un jugement supplétif puis d’un acte de naissance représente bien davantage que la délivrance de deux documents. Il leur permet d’entrer officiellement dans les registres de l’État et de sécuriser leur parcours scolaire, administratif et social.
Les premières pièces ont été remises à Agbandi, dans la commune de Blitta 2, en présence des autorités administratives, judiciaires, locales et traditionnelles.
Des enfants encore laissés en marge de l’état civil
Malgré les réformes engagées, de nombreux enfants échappent toujours à l’enregistrement dans les délais légaux, particulièrement dans les zones rurales.
L’éloignement des services d’état civil, la méconnaissance des démarches, les contraintes économiques ou l’absence de suivi après l’accouchement peuvent expliquer ces situations. Les conséquences apparaissent parfois plusieurs années plus tard, au moment d’une inscription scolaire, d’un examen ou d’une démarche administrative.
La campagne de rattrapage répond à l’urgence, mais elle souligne aussi la nécessité de rapprocher durablement l’état civil des familles et de systématiser la déclaration des naissances.
Vers un état civil plus accessible
L’accompagnement de l’OIF porte également sur la modernisation des services, la formation des agents et la digitalisation progressive du système.
L’objectif est de réduire les omissions, de fiabiliser les registres et d’éviter que de nouvelles générations d’enfants aient à attendre une opération exceptionnelle pour obtenir leur identité juridique.
La première campagne avait permis à 5 000 enfants de recevoir un jugement supplétif et un acte de naissance. Avec les nouveaux bénéficiaires, le nombre total d’enfants pris en charge par les deux opérations devrait atteindre 11 461.
Au-delà de ce résultat, le véritable progrès consistera à faire de l’enregistrement à la naissance un réflexe accessible à toutes les familles. Car un enfant ne devrait pas avoir à prouver, plusieurs années après sa naissance, qu’il existe aux yeux de son propre pays.
La Rédaction
Sources et références
- Ministère de l’Administration territoriale, de la Gouvernance locale et des Affaires coutumières.
- Organisation internationale de la Francophonie.
- Autorités administratives et judiciaires de Blitta.

