Former davantage d’ingénieurs, de techniciens, de médecins ou de chercheurs ne commence pas à l’université. Le pari se joue bien plus tôt, au moment où les élèves développent leurs premières aptitudes pour les mathématiques, les sciences expérimentales et les technologies. Avec l’ouverture annoncée de 16 collèges scientifiques dès la rentrée 2026-2027, le Togo choisit précisément d’intervenir à ce niveau de la chaîne éducative.
Les nouveaux établissements seront répartis dans les sept directions régionales de l’éducation. Trois sont prévus dans le Grand Lomé, trois dans la région de la Kara et deux dans chacune des autres zones éducatives concernées. Ils seront installés sur des sites scolaires déjà existants, ce qui doit permettre leur mise en service dès la prochaine rentrée.
Cette implantation complète une autre évolution récente : cinq nouveaux lycées scientifiques ont été créés en juillet, portant leur nombre total à sept. Chaque région éducative disposera ainsi d’au moins un lycée scientifique à cycle complet et d’au moins deux collèges spécialisés.
Repérer les aptitudes plus tôt
Jusqu’ici, la spécialisation scientifique intervenait essentiellement plus tard dans le parcours secondaire. La création de collèges dédiés déplace cette logique vers les premières années du secondaire.
L’objectif est de constituer progressivement un vivier d’élèves préparés à poursuivre vers les lycées scientifiques et techniques. Le ministère présente d’ailleurs ces collèges comme des « pépinières » destinées à alimenter les formations scientifiques de niveau supérieur.
Le changement est important : développer les compétences scientifiques ne dépend plus seulement du nombre de places disponibles en fin de parcours, mais de la capacité à identifier, accompagner et maintenir plus tôt l’intérêt des élèves pour ces disciplines.
Territorialiser l’excellence scientifique
La répartition nationale des établissements répond également à une question d’égalité. Un élève doué pour les sciences ne devrait pas devoir vivre à Lomé ou à Kara pour accéder à une formation spécialisée.
Aného, Vogan, Notsè, Badou, Blitta, Tchamba, Bassar, Mango ou encore Cinkassé figurent désormais parmi les localités concernées.
Reste cependant le défi essentiel : un collège scientifique ne se définit pas seulement par son appellation. Laboratoires, équipements, enseignants suffisamment qualifiés et méthodes pédagogiques adaptées détermineront la valeur réelle de cette nouvelle architecture.
Car le pari dépasse les 16 ouvertures annoncées. Il consiste à bâtir une chaîne capable de conduire un élève intéressé par les sciences depuis le collège jusqu’aux formations supérieures, puis vers des secteurs où le pays manque encore de compétences techniques.
La Rédaction

