Face aux coupures d’électricité qui perturbent l’activité des ménages, des entreprises et des services publics, le gouvernement met en avant un déséquilibre structurel entre l’offre et la demande, aggravé par la forte contraction des importations régionales. Une situation qui relance le débat sur la souveraineté énergétique du pays.
Une tension structurelle sur le système électrique
Interpellé à l’Assemblée nationale sur les perturbations répétées de l’alimentation électrique, le ministre délégué chargé de l’Énergie, Robert Eklo, a dressé un diagnostic centré sur un déséquilibre entre la demande nationale et les capacités disponibles.
Aux heures de pointe, entre 17h et minuit, la consommation d’électricité au Togo atteint environ 360 MW, tandis que la production nationale se limite à près de 180 MW. Ce déficit est habituellement compensé par les importations en provenance du Ghana et du Nigeria.
Une baisse marquée des importations régionales
Ce mécanisme d’équilibrage s’est fortement affaibli ces derniers mois.
Les importations ghanéennes, qui atteignaient environ 110 MW, sont tombées à près de 20 MW. Celles du Nigeria ont également reculé, passant d’environ 115 MW à près de 70 MW.
Au total, les apports combinés des deux pays, traditionnellement supérieurs à 200 MW, sont désormais descendus sous la barre des 90 MW. Cette contraction explique, selon les autorités, la multiplication des délestages observés sur le territoire.
Des mesures d’urgence pour stabiliser le réseau
Pour répondre à la situation à court terme, les autorités ont engagé la mise en service de 20 MW de production thermique d’appoint, avec une capacité équivalente attendue prochainement.
Des discussions sont également en cours avec les partenaires régionaux afin de rétablir les volumes d’importation habituels et sécuriser l’approvisionnement du réseau.
Par ailleurs, la mise en service prochaine de la centrale solaire de Dapaong, d’une capacité de 25 MW avec stockage de 36 MWh, est présentée comme un levier supplémentaire pour améliorer la stabilité du système.
Une stratégie de transition énergétique à moyen terme
Au-delà des mesures d’urgence, le gouvernement affirme viser une réduction progressive de la dépendance énergétique sur un horizon de quatre à six ans.
Ce plan repose notamment sur la construction d’une centrale thermique de 120 MW à Lomé, ainsi que sur le développement de nouvelles centrales solaires à Sokodé, Awandjélo et Blitta. L’objectif affiché est de porter la capacité solaire nationale à environ 400 MW.
Appel à la sobriété énergétique
Dans l’immédiat, les autorités appellent à une gestion plus rationnelle de la consommation, notamment durant les heures de pointe. Il s’agit, selon le ministère, d’atténuer la pression sur le réseau en adaptant l’usage des équipements les plus énergivores.
La Rédaction

