Un financement de près de 71 milliards FCFA mobilisé avec l’appui d’Africa Finance Corporation doit permettre le déploiement de milliers d’équipements agricoles et de systèmes d’irrigation à travers le pays.
C’est un tournant technologique qui se dessine pour les campagnes togolaises. En sécurisant un financement souverain de 108,3 millions d’euros (environ 71 milliards FCFA) auprès de l’Africa Finance Corporation, Lomé ne signe pas seulement une opération financière d’envergure : le pays s’attaque à l’un des principaux freins structurels de son agriculture.
Ce premier engagement souverain de l’institution au Togo, étalé sur dix ans, vise à soutenir le Programme de modernisation de l’agriculture togolaise (ProMAT). L’enjeu est considérable pour un secteur qui représente près de 40 % du PIB national et emploie environ 60 % de la population active, mais dont les performances demeurent limitées par un faible niveau de mécanisation.
Rompre avec les contraintes de productivité
Derrière ce financement se dessine la volonté d’accélérer la transformation d’un secteur confronté à plusieurs défis structurels. Selon les données citées par l’AFC, seuls 37 % des ménages agricoles utilisent des engrais, 8 % ont accès à des semences améliorées et moins de 1 % disposent d’un système d’irrigation. Par ailleurs, à peine 20 % de la production agricole nationale est effectivement commercialisée.
Le ProMAT ambitionne de répondre à ces contraintes à travers un important déploiement d’équipements agricoles sur l’ensemble du territoire.
Le programme prévoit notamment la mise à disposition de 2 126 ensembles tracteur-remorque destinés à renforcer les capacités de labour et de transport, de 1 020 semoirs et moissonneuses-batteuses afin d’améliorer les opérations de production et de récolte, ainsi que de 930 unités d’irrigation et 95 systèmes d’adduction d’eau pour renforcer la maîtrise de l’eau dans les exploitations agricoles.
L’industrialisation rurale en ligne de mire
Cette nouvelle étape s’inscrit dans la continuité des réformes engagées ces dernières années à travers les Zones d’aménagement agricole planifiées (ZAAP) et le Mécanisme incitatif de financement agricole fondé sur le partage de risques (MIFA).
En ciblant simultanément la mécanisation et l’irrigation, le programme vise à améliorer les rendements agricoles, renforcer la sécurité alimentaire et favoriser la transformation locale des productions. L’objectif est également de créer les conditions d’un approvisionnement plus régulier des unités agro-industrielles et de soutenir la montée en puissance des chaînes de valeur agricoles.
Si ce financement ne suffira pas à lui seul à répondre à l’ensemble des besoins du secteur, il constitue néanmoins l’une des opérations les plus importantes consacrées à la mécanisation agricole au Togo ces dernières années. Les autorités et leurs partenaires misent désormais sur un effet d’entraînement susceptible de stimuler les revenus des producteurs, de favoriser les investissements privés et de renforcer l’emploi en milieu rural.
La Rédaction

