Une visite du fils du maréchal Khalifa Haftar dans le sud du pays relance les interrogations sur la stratégie d’expansion de l’ANL dans une région clé, au croisement des trafics transfrontaliers et des rivalités de pouvoir.
FEZZAN, juin 2026 — La présence de Saddam Haftar dans le sud de la Libye confirme l’importance stratégique croissante accordée par l’Armée nationale libyenne (ANL) à cette région désertique, longtemps perçue comme périphérique mais devenue un centre névralgique des enjeux sécuritaires du pays.
Le fils du maréchal Khalifa Haftar, considéré comme l’une des figures montantes de l’appareil militaire de l’Est libyen, s’est rendu au quartier général de la zone militaire Sud. Sur place, il a échangé avec plusieurs commandants et officiers autour des questions opérationnelles et de coordination des unités déployées dans cette vaste zone frontalière.
Selon les informations communiquées par les forces affiliées à l’ANL, les discussions ont porté sur le renforcement de la préparation militaire et l’amélioration de l’efficacité des dispositifs de contrôle dans le sud du pays.
Une région stratégique sous haute tension sécuritaire
La visite intervient dans un contexte marqué par la persistance de menaces multiples dans le Fezzan, région frontalière du Tchad, du Niger et du Soudan. Les autorités militaires de l’Est affirment y conduire des opérations contre les réseaux de contrebande, les groupes armés et les circuits criminels transfrontaliers.
Saddam Haftar a également rencontré le commandant de la zone militaire Sud ainsi que plusieurs responsables d’unités locales, dans le cadre d’un échange présenté comme une étape de consolidation de la chaîne de commandement sur le terrain.
Les forces de l’ANL soutiennent que leurs opérations ont permis d’améliorer la stabilité sécuritaire dans plusieurs secteurs du sud libyen, malgré un environnement jugé instable et fragmenté.
Accusations de militarisation et contestations locales
Dans le même temps, plusieurs acteurs politiques et groupes opposés à l’ANL dénoncent une intensification de la présence militaire dans le sud du pays. Ils estiment que ces déploiements dépassent le cadre de la lutte contre les trafics et visent à consolider durablement l’influence du camp de l’Est sur une région hautement stratégique.
Des accusations circulent également au sujet de l’utilisation de combattants étrangers lors de certaines opérations, notamment en provenance du Tchad. Ces allégations sont fermement rejetées par l’ANL, qui affirme respecter la souveraineté nationale et agir exclusivement dans le cadre de la sécurisation des frontières.
Un enjeu central de souveraineté et de contrôle des flux
Le contrôle du Fezzan représente un enjeu majeur pour les différentes forces libyennes en raison de sa position géographique et de son rôle dans les routes de migration et de contrebande, notamment de carburant subventionné.
Les adversaires de l’ANL accusent certains réseaux liés au camp de l’Est de bénéficier indirectement de ces circuits, tandis que les forces de Haftar affirment mener une lutte active contre ces trafics et les organisations criminelles qui les exploitent.
Dans un paysage politique toujours fragmenté, la montée en visibilité de Saddam Haftar dans le sud libyen apparaît ainsi comme un indicateur supplémentaire de la recomposition progressive des équilibres militaires dans le pays.
La Rédaction

