L’Organisation mondiale de la santé alerte sur l’extension de la flambée d’Ebola en République démocratique du Congo, désormais active dans plusieurs provinces de l’Est. Les capacités de prise en charge restent insuffisantes face à une circulation du virus jugée plus large que les cas détectés.
GENÈVE / KINSHASA, juin 2026 – L’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo continue de progresser dans le nord-est du pays, avec une extension géographique désormais confirmée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). L’agence onusienne estime que la circulation du virus est plus étendue que ce que la surveillance actuelle permet de documenter.
Depuis la déclaration officielle de la flambée le 15 mai, 676 cas confirmés ont été enregistrés, dont 136 décès, selon les données de l’OMS. À cela s’ajoutent 119 cas suspects, tandis que 32 patients ont été déclarés guéris.
Une propagation désormais multi-provinces
Initialement concentrée en Ituri, l’épidémie s’étend désormais au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. De nouvelles zones de santé signalent régulièrement des cas, confirmant une diffusion progressive au sein de plusieurs territoires de l’est congolais.
Pour l’OMS, cette dynamique traduit à la fois l’ampleur réelle de la circulation virale et les limites des systèmes de détection dans des zones marquées par la mobilité des populations et des difficultés d’accès humanitaire.
« La flambée continue de s’étendre, à la fois en termes de nombre de cas et de répartition géographique », a indiqué Olivier Le Polain, épidémiologiste de l’OMS, depuis Beni.
Il souligne également que certains cas ne sont plus uniquement liés à des déplacements depuis des foyers connus, mais à une transmission désormais installée localement dans certaines zones.
Des capacités sanitaires sous pression
Les structures d’isolement restent l’un des principaux points de fragilité de la riposte. Avec environ 250 lits disponibles dans les provinces concernées, les capacités actuelles apparaissent largement insuffisantes face aux projections épidémiologiques.
La recherche des contacts progresse mais demeure incomplète. Environ 70 % des contacts sont actuellement suivis, un taux jugé insuffisant pour interrompre efficacement les chaînes de transmission.
Dans le même temps, les autorités sanitaires insistent sur la difficulté de prise en charge dans les zones à forte dispersion, où l’isolement rapide des patients reste un défi logistique majeur.
Une transmission communautaire plus difficile à contenir
L’évolution récente de l’épidémie montre une transition progressive vers des chaînes de transmission communautaire. Cette phase complique la stratégie de contrôle, car elle implique une circulation du virus moins liée aux déplacements identifiés et davantage intégrée dans les dynamiques locales.
Les équipes sanitaires redoutent ainsi une multiplication de foyers secondaires difficiles à anticiper, dans un contexte où la surveillance reste inégale selon les zones.
Les enfants en première ligne des risques indirects
L’UNICEF met en garde contre une vulnérabilité accrue des enfants, notamment dans les zones déjà touchées par la malnutrition chronique. Cette fragilité structurelle augmente le risque de complications et de transmission domestique.
L’agence estime que les prochains jours pourraient voir une hausse des infections pédiatriques, en raison des dynamiques familiales de transmission déjà observées lors d’épidémies précédentes.
Un risque régional sous surveillance
Des cas ont également été signalés en Ouganda voisin, où les autorités sanitaires estiment toutefois que la situation reste contenue.
L’OMS maintient un niveau de risque très élevé pour la RDC, élevé pour l’Ouganda et pour les pays frontaliers, en raison de la porosité des frontières et de la mobilité régionale.
Dans ce contexte, les experts alertent sur une situation encore instable, où l’écart entre la réalité de la circulation virale et les capacités de surveillance pourrait compliquer durablement la riposte.
La Rédaction

