Après dix années passées dans l’opposition, le Parti africain pour l’indépendance du Cap-Vert annonce son retour au pouvoir, même si les résultats définitifs des législatives ne seront connus qu’à la fin du mois.
Une alternance politique majeure semble se dessiner au Cap-Vert. À l’issue des élections législatives organisées dimanche, le Parti africain pour l’indépendance du Cap-Vert (PAICV) a revendiqué la victoire face au Mouvement pour la démocratie (MpD), au pouvoir depuis 2016.
Alors que le dépouillement des votes n’est pas encore totalement achevé, le Premier ministre sortant Ulisses Correia e Silva a reconnu la défaite de son camp et félicité son adversaire politique, ouvrant la voie à un probable retour du PAICV à la tête du gouvernement.
Selon les résultats provisoires publiés par la Commission électorale nationale, environ 98 % des bulletins avaient déjà été comptabilisés. Le PAICV obtenait alors 35 sièges à l’Assemblée nationale, contre 31 pour le MpD, tandis que l’Union capverdienne indépendante et démocratique (UCID) conservait deux sièges. Les quatre sièges de la diaspora restaient encore en attente de validation officielle.
Malgré cette incertitude mathématique, Ulisses Correia e Silva n’a pas attendu la proclamation finale pour reconnaître la dynamique favorable au camp adverse. Le chef du gouvernement sortant a déclaré avoir contacté le président du PAICV afin de le féliciter et lui souhaiter « plein succès » pour la suite.
Cette reconnaissance rapide illustre une nouvelle fois la tradition de stabilité démocratique du Cap-Vert, souvent présenté comme l’un des systèmes politiques les plus stables du continent africain depuis l’instauration du multipartisme au début des années 1990.
Le principal bénéficiaire de cette séquence électorale est Francisco Carvalho. Maire de la capitale Praia et nouveau leader du PAICV depuis 2025, il devrait devenir le futur chef du gouvernement si la tendance se confirme lors de la publication officielle des résultats définitifs prévue le 25 mai.
Durant la campagne, Francisco Carvalho a mis en avant un programme centré sur la justice sociale, la réduction des inégalités territoriales entre les îles, l’accès aux soins ainsi que l’amélioration de l’enseignement supérieur. Son discours a particulièrement trouvé un écho auprès des électeurs confrontés au coût de la vie, au chômage des jeunes et aux difficultés sociales persistantes dans l’archipel.
Le scrutin a toutefois été marqué par une participation relativement faible. Environ la moitié des électeurs inscrits se sont déplacés pour voter, selon les premières estimations des autorités électorales.
Indépendant du Portugal depuis 1975, le Cap-Vert alterne régulièrement entre le PAICV et le MpD depuis plus de trois décennies. Cette nouvelle alternance pourrait donc marquer le retour de la gauche capverdienne au pouvoir après dix années passées dans l’opposition.
La Rédaction

