La propagation du variant Bundibugyo pousse les autorités congolaises et l’OMS à intensifier la réponse sanitaire dans l’est de la RDC
La République démocratique du Congo intensifie ses mesures sanitaires face à la progression de l’épidémie d’Ebola dans l’est du pays, alors qu’un cas confirmé a été détecté à Goma, grande ville de l’est congolais marquée par des déplacements massifs de population liés au conflit armé.
Le ministre congolais de la Santé, Samuel Roger Kamba, a annoncé dimanche la mise en place de nouveaux centres de soins à Rwampara et Mongbwalu, dans la province de l’Ituri, épicentre actuel de l’épidémie.
Des centres de soins renforcés face à l’afflux de patients
En déplacement à Bunia, le ministre a indiqué que les autorités sanitaires avaient déjà acheminé du matériel médical et des tentes destinées à augmenter les capacités d’accueil.
Selon les autorités, 59 patients recevaient déjà des soins intensifs dimanche, alors que les structures hospitalières locales sont confrontées à une hausse du nombre de cas suspects.
Les responsables sanitaires de Bunia ont précisé que plusieurs centres de traitement étaient en cours d’agrandissement afin de répondre à la pression croissante exercée sur les hôpitaux de la région.
Un premier cas confirmé à Goma
L’apparition d’un cas confirmé à Goma alimente les inquiétudes sur une propagation plus large de l’épidémie à travers l’est du pays.
Selon Jean-Jacques Muyembe, directeur de Institut national de recherche biomédicale, la contamination concerne une femme ayant probablement contracté le virus auprès de son mari décédé à Bunia avant de rejoindre Goma, où son test s’est révélé positif.
Les autorités locales ont indiqué que la patiente avait été placée en isolement.
Une épidémie jugée difficile à contenir
Les spécialistes sanitaires redoutent une propagation rapide de l’épidémie en raison de la densité de population et des déplacements permanents dans cette partie du pays.
Jean-Jacques Muyembe a également souligné les difficultés supplémentaires liées à la présence de groupes armés dans l’est de la RDC, estimant que l’insécurité complique fortement les opérations sanitaires et le suivi des cas.
Goma avait déjà été fragilisée par les combats entre les forces congolaises et le groupe rebelle M23, soutenu selon Kinshasa par le Rwanda.
L’OMS déclenche une urgence sanitaire internationale
Face à l’évolution de la situation, Organisation mondiale de la santé a déclenché dimanche son deuxième niveau d’alerte internationale le plus élevé, qualifiant l’épidémie d’« urgence de santé publique de portée internationale ».
L’organisation a toutefois précisé que la situation ne répondait pas aux critères d’une urgence pandémique mondiale comparable à celle du Covid-19 et n’a pas recommandé de fermeture des frontières.
Un variant sans vaccin disponible
L’épidémie actuelle est provoquée par le variant Bundibugyo du virus Ebola, une souche rare contre laquelle aucun vaccin homologué n’existe actuellement.
Au 16 mai, l’OMS avait confirmé huit cas en laboratoire et recensé 246 cas suspects ainsi qu’environ 80 décès suspects dans la province de l’Ituri. L’Agence sanitaire de l’Union africaine, Africa CDC, évoque pour sa part 88 décès probables.
Un cas confirmé a également été signalé à Kinshasa, tandis qu’un décès lié au virus a été enregistré en Ouganda chez un voyageur revenu récemment de l’Ituri.
Une région sous forte pression humanitaire
Le foyer de l’épidémie se situe dans une zone marquée par une forte activité minière, d’importants mouvements de population et des violences armées récurrentes.
Selon l’OMS, plusieurs professionnels de santé présentant des symptômes compatibles avec Ebola sont également décédés depuis le début de la flambée.
Des fournitures médicales supplémentaires sont actuellement acheminées vers la RDC depuis Nairobi afin de renforcer les stocks d’urgence mobilisés dans les premières phases de la réponse sanitaire.
La Rédaction

